Profil d'espèce

Iguane pygmée à cornes courtes

Nom scientifique : Phrynosoma douglasii
Autres noms/noms précédents : Phrynosome de Douglas (Population de la Colombie-Britannique)
Taxonomie : Reptiles
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2007
Dernière désignation du COSEPAC : Disparue du pays
Statut de la LEP : Annexe 1, Disparue du pays


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Iguane pygmée à cornes courtes Photo 1

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Description

Comme tous les phrynosomes, des iguanes souvent appelés à tort « crapauds cornus », l’iguane pygmée à cornes courtes possède un corps trapu et aplati et des pattes courtes. Cette position accroupie l’empêche de se déplacer rapidement ou avec agilité dans un environnement encombré, mais lui permet d’avoir un grand estomac et de loger un grand nombre d’embryons, et offre l’avantage d’une grande surface dorsale pour se chauffer au soleil. L’iguane pygmée à cornes courtes est le plus petit des phrynosomes. Sa longueur du museau à la base de la queue dépasse rarement 6 cm, la femelle étant légèrement plus grande que le mâle. Si on le compare à certains autres phrynosomes à la cuirasse ornée, les épines que porte l’iguane pygmée à cornes courtes sur sa tête et son corps sont assez petites. La couleur et le motif de cette espèce sont variables. De manière générale, la couleur se marie au milieu dans lequel évoluent les iguanes de façon telle que, lorsqu’ils sont immobiles, ils sont très difficiles à voir. Le dos est généralement gris et présente une douzaine de taches foncées, et le ventre est pâle. Lorsque les iguanes pygmées à cornes courtes sont froids, ils tendent à être plus foncés, ce qui permet une absorption plus efficace de la chaleur solaire. En se réchauffant, ils deviennent plus pâles. Contrairement à celle de plusieurs lézards, leur courte queue ne se régénère pas si elle est amputée. Les iguanes nouveaux-nés ressemblent aux adultes, mais ils ne mesurent que 2,2 cm du museau à la base de la queue et sont dépourvus de cornes.

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Répartition et population

On trouve l’iguane pygmée à cornes courtes dans le désert du Grand Bassin et les régions avoisinantes du nord de la Californie et du Nevada, en traversant l’est de l’Oregon et de l’état de Washington ainsi que la majeure portion du sud et de l’est de l’Idaho jusque dans le centre-sud de la Colombie-Britannique, dans les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen. Au Canada, les seuls signalements confirmés de l’iguane pygmée à cornes courtes proviennent de la région d’Osoyoos, située dans la vallée de l’Okanagan. Toutefois, il y a eu près d’une vingtaine de signalements anecdotiques depuis que les premiers signalements d’Osoyoos ont été recueillis en 1898. Ces signalements non confirmés s’étendent de la vallée de la Similkameen, depuis Chopaka à la frontière internationale jusqu’à Keremeos au nord, et depuis la frontière internationale à Osoyoos jusqu’à Kaleden au nord. On ne sait rien de l’abondance des iguanes pygmées à cornes courtes au Canada, dans le passé ou actuellement. Quatre recherches menées au cours des 20 dernières années n’ont révélé la présence d’aucun individu. Au moins 18 observations anecdotiques ont toutefois été rapportées par le grand public, la plus récente datant de 2004. Néanmoins, on considère l’espèce comme étant disparue du Canada, car aucune observation confirmée n’a été enregistrée au cours des 50 dernières années.

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Habitat

Les besoins en matière d’habitat de l’iguane pygmée à cornes courtes sont méconnus; il semble toutefois que divers types d’habitats soient utilisés. D’une façon générale, l’espèce occupe des régions désertiques aux sols profonds jusqu’aux pentes et aux crêtes aux sols superficiels. Les caractéristiques communes à tous ces milieux sont les sites bien drainés au terrain exposé, et la présence de sols friables. Cela permet l’enfouissement, la régulation de la température et la recherche de nourriture. La végétation doit être suffisamment clairsemée pour permettre aux iguanes de se chauffer au soleil et de se mouvoir librement. Néanmoins, la végétation est nécessaire pour obtenir de l’ombre lorsqu’il fait très chaud. Un individu doit pouvoir bénéficier de sols friables propices à l’enfouissement, bien que la région puisse être dominée par des sols très superficiels ou de texture grossière. Les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen semblent toujours contenir un habitat propice à cette espèce, dont une partie est actuellement protégée. Toutefois, la répartition des habitats potentiellement propices dans la région l’Okanagan est actuellement très morcelée. Ce qui reste d’habitat propice dans la région de Similkameen est davantage contigu, mais les sols y sont généralement moins friables.

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Biologie

Contrairement aux autres lézards qui pondent des œufs, les iguanes pygmées à cornes courtes sont vivipares : ils donnent naissance à des petits vivants, complètement développés. La viviparité est une stratégie utilisée par beaucoup de reptiles qui occupent des milieux caractérisés par des climats plus frais ou des saisons d’activité plus courtes. L’accouplement a lieu au printemps, peu de temps après que les iguanes pygmées à cornes courtes aient émergé de leur site d’hibernation. Les femelles atteignent habituellement la maturité sexuelle au cours de leur troisième année. Après une gestation d’environ trois mois, elles donnent naissance à une quinzaine de petits. La longévité de ces iguanes est inconnue, mais elle est d’au moins cinq ans dans la nature. De tous les phrynosomes, les iguanes pygmées à cornes courtes sont les plus tolérants au froid, mais ils doivent néanmoins rechercher des abris où hiberner durant les hivers froids. Durant l’hibernation, qui a lieu dans des terriers peu profonds, leur métabolisme ralentit de façon importante. Dans des régions comme les vallées de l’Okanagan et de la Similkameen, qui n’ont souvent que peu ou pas de couverture de neige durant les périodes froides de l’hiver, les iguanes doivent trouver des refuges plus profonds, sans quoi beaucoup peuvent mourir. Les iguanes pygmées à cornes courtes émergent de leur site d’hibernation de la fin mars au début juin. Les principales proies de tous les phrynosomes sont les fourmis, particulièrement les fourmis moissonneuses. D’autres invertébrés, comme les coléoptères, les sauterelles et les escargots, sont également mangés, le plus souvent par les adultes. La quête de nourriture débute après que les iguanes se soient réchauffés au soleil matinal et se poursuit jusqu’à ce qu’arrive la chaleur de l’après-midi, moment où ils cherchent refuge à l’ombre ou dans un terrier. Les phrynosomes sont très bien adaptés aux environnements arides, et on croit qu’ils n’ont pas besoin de points d’eau. On suppose qu’ils comblent leurs besoins en eau en léchant la rosée ou en récoltant sur leur dos l’eau de pluie, qu’ils font migrer le long des plaques osseuses vers leur bouche. Les proies qu’ils consomment contribueraient également à combler leurs besoins. Les iguanes pygmées à cornes courtes ont de nombreux prédateurs potentiels, dont des oiseaux, des serpents et des coyotes. Leur capacité à rester immobiles, conjuguée à leur couleur qui se fond parfaitement dans le décor, leur permet bien souvent de passer inaperçus aux yeux des prédateurs potentiels. S’ils sont découverts par des prédateurs lents, les iguanes peuvent fuir. Sinon, ils peuvent gonfler leur corps pour exagérer sa taille et faire des gestes d’intimidation. Leurs projections en forme d’épines sont peu dissuasives, mais elles peuvent se montrer efficaces contre des prédateurs qui doivent avaler leurs proies entières, comme les serpents.

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Raison de la disparition du pays

La perte d’habitat a été importante dans la vallée de l’Okanagan et, dans une moindre mesure, dans la vallée de la Similkameen. Bien qu’il soit très probable que cette perte d’habitat ait contribué à la disparition de l’espèce au Canada, les iguanes pygmées à cornes courtes semblaient déjà rares au début du XXe siècle. La rareté de l’espèce au Canada peut aussi s’expliquer par d’importantes mortalités d’iguanes en hibernation. À la différence de la plupart des autres reptiles de zone tempérée, les iguanes pygmées à cornes courtes ne se réfugient en hiver que dans des abris souterrains superficiels. Au cours des années de faibles chutes de neige, un froid extrême ou prolongé peut provoquer une mortalité importante. Si l’espèce était réintroduite, les menaces potentielles actuelles seraient la perte extensive d’habitat, la mortalité sur les routes et la prédation par des animaux indigènes et exotiques. Les populations d’iguanes pygmées à cornes courtes tendent à être localisées et sont donc susceptibles de disparaître d’un site si celui-ci devient inapproprié, d’autant plus que la mobilité restreinte de ces reptiles freine leur capacité à quitter cet endroit. De plus, les iguanes pygmées à cornes courtes ont besoin d’un environnement non encombré pour se déplacer et pour contrôler leur température. Certaines plantes exotiques envahissent efficacement les moindres espaces qui se trouvent parmi la végétation locale. Cet étouffement peut rendre la majeure partie de l’habitat inutilisable en limitant les déplacements des iguanes. Enfin, la hausse des populations de prédateurs naturels, tels que les corbeaux, les corneilles et les crécerelles, ainsi que l’introduction de chats domestiques pourraient entraîner une augmentation de la prédation.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Iguane pygmée à cornes courtes est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En cas de redécouverte, l’iguane pygmée à cornes courtes est protégé par la Wildlife Act (1990) et la Wildlife Amendment Act (2004) de la Colombie-Britannique.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de l'iguane pygmée à cornes courtes (Phrynosoma douglasii) au Canada
État d'avancement : Versions proposées affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’iguane pygmée à cornes courtes (Phrynosoma douglasii) au Canada – Mise à jour (2007)

    L’iguane pygmée à cornes courtes a récemment été reconnu comme une espèce distincte. C’est le plus petit des phrynosomes, il dépasse rarement 6 cm de longueur lorsque mesuré du museau au cloaque. Si on le compare à certains autres phrynosomes à la cuirasse ornée, les épines que porte l’iguane pygmée à cornes courtes sur sa tête et son corps sont assez petites. On le désigne souvent (à tort) sous le nom de « crapaud cornu ». Les 13 espèces de phrynosomes sont confinées aux portions arides et semi arides de l’Amérique du Nord et de l’Amérique Centrale.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de l'iguane pygmée à cornes courtes (Phrynosoma douglasii) au Canada (2017)

    La ministre de l’Environnement et du Changement climatique est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de l’iguane pygmée à cornes courtes et a élaboré ce programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été préparé en collaboration avec la Province de la Colombie-Britannique, en vertu du paragraphe 39(1) de la LEP.

Décrets

  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2012)

    L’objet du Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril est d’ajouter 18 espèces à l’annexe 1, la Liste des espèces en péril (la Liste), et de changer la classification de 7 espèces inscrites, aux termes du paragraphe 27(1) de la LEP. Cette modification est proposée à la suite de la recommandation du ministre de l’Environnement à la lumière d’évaluations scientifiques qu’a faites le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), et à la suite de consultations tenues auprès des gouvernements, des peuples autochtones, des intervenants et du public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 (2007)

    Le rapport annuel de 2007 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultations sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril - Espèces terrestres (2008)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 25 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 27 mars 2009 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 31 mars 2017