Profil d'espèce

Grenouille-à-queue des Rocheuses

Nom scientifique : Ascaphus montanus
Autres noms/noms précédents : Grenouille-à-queue (Population des montagnes du Sud)
Taxonomie : Amphibiens
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2013
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Grenouille-à-queue des Rocheuses

Grenouille-à-queue des Rocheuses Photo 1

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Description

Les grenouille-à-queue des Rocheuses adultes et leurs têtards jouissent tous deux d’adaptations morphologiques uniques leur permettant de vivre dans des cours d’eau montagneux à débit rapide. La couleur des adultes peut varier entre le havane ou le brun et le vert olive ou le rouge. Les animaux de couleur pâle ont des taches sombres difficiles à distinguer. Il y a souvent une barre distincte cuivrée ou une forme triangulaire entre les yeux et la bouche, qui est habituellement dans des tons nuancés de vert. Ces grenouilles sont petites (longueur de 2,2 à 5,1 cm) et possèdent une tête large, des pupilles verticales, des doigts postérieurs extérieurs larges et aplatis et n’ont pas de tympan (membrane du tympan externe). Les mâles possèdent une petite « queue » conique qu’ils utilisent durant l’accouplement. Les têtards sont de couleur noire ou gris brunâtre et peuvent avoir des taches moins prononcées. Ils possèdent un corps aplati et une queue comprimée latéralement, étroite, et bordée d'une nageoire dorsale. Ils ont généralement un point blanc à l’extrémité de la queue et un disque buccal qui s’est modifié en une ventouse afin d’adhérer aux rochers dans les courants rapides. Les grenouille-à-queue des Rocheuses et leurs têtards possèdent des taches distinctes, denses, fines et noires sur leurs surfaces dorsale et ventrale.

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Répartition et population

La grenouille-à-queue des Rocheuses se trouve dans les montagnes intérieures de la Colombie-Britannique, du Montana et de l’Idaho. Au Canada, les grenouilles ont une aire de répartition très petite et limitée dans les Kootenays, dans la partie la plus méridionale de la Colombie-Britannique. Cette population est divisée en deux sous-populations, isolées l’une de l’autre par le sillon sec des Rocheuses, et sont également isolées des populations de grenouilles vivants aux États-Unis. Les grenouilles n’ont été répertoriées que dans sept sites. Aucune estimation de la population n’existe, mais ces populations sont faibles et probablement en déclin. Seulement un petit pourcentage de ruisseaux à l’intérieur de l’aire de répartition fournissent des conditions favorisant leur reproduction, mais les grenouilles ne vivent pas dans la plupart de ces sites et les densités de têtards sont très faibles.

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Habitat

Les grenouille-à-queue des Rocheuses a besoin de petits cours d’eau en montagne bordés de forêts, à l'eau limpide et froide mais qui ne gèle pas l'hiver, avec un lit de rochers ou de galets, et une pente de 4 p. 100. L’espèce est limitée à des forêts humides à haute altitude, aux pentes raides et avec des talus – des conditions qui augmentent la possibilité de micro-habitats frais et humides. Les ruisseaux doivent maintenir une température froide en été puisque cette espèce a une tolérance limitée à la chaleur. Les œufs requièrent des températures comprises entre 5 et 18,5° C pour survivre. Les adultes ne tolèrent pas des températures plus élevées que 20° C, mais ont été trouvés dans des cours d’eau dont les températures atteignaient 16° C. Les adultes et les têtards ne s'enterrent pas dans le substrat, mais passent l’hiver sous les rochers ou à la surface des cours d’eau. Environ 75 p. 100 de l’habitat des grenouilles-à-queue a été aménagé au moins partiellement, et les forêts d'âge mûr essentiels à l’espèce continuent de décliner.

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Biologie

Les grenouille-à-queue des Rocheuses sont primitives mais vivent longtemps. Elles s’accouplent dans les ruisseaux froids des montagnes. La parade nuptiale s’effectue dans l’eau au début de l’automne. Le sperme reste viable dans l’oviducte de la femelle jusqu’à la ponte se produisant en juin ou début juillet. Chaque femelle produit un double chapelet de 50 à 85 œufs incolores de la taille d’un pois qu’elle attache sur la face inférieure d’un rocher ou d’un galet de grande dimension dans le cours d’eau. Cette espèce pond les œufs les plus gros et a la période embryonnaire la plus longue (temps nécessaire aux œufs pour éclore) de toutes les grenouilles présentes en Amérique du Nord. Son taux de reproduction est très faible, et les femelles pondent des œufs à tous les deux ans. Les têtards éclos restent près du lieu de leur naissance jusqu’à ce que leur bouche suceuse soit complètement développée, après quoi ils deviennent plus mobiles. Le stade de têtard peut durer jusqu’à cinq ans. Les têtards vivent de façon relativement sédentaire, mais peuvent se disperser ou dériver en aval. Bien que les têtards venant de se métamorphoser en grenouillettes se déplacent uniquement sur de petites distances le long d’un cours d’eau, les grenouilles juvéniles plus âgées (de 4 à 7 ans) se dispersent sur des distances importantes; c’est à ce stade de la vie que leurs déplacements sont les plus importants. Elles atteignent leur maturité sexuelle entre six et huit ans. Dans les Kootenays, les grenouille-à-queue des Rocheuses ont tendance à être nocturnes car c’est pendant la nuit que les niveaux de température et d’humidité du milieu ambiant sont appropriés. Les adultes restent extrêmement proches de leur crique de reproduction au cours de leur vie, un bon nombre de ces grenouilles ne franchissant pas plus de 20 m par an d’une année à l’autre. Elles restent habituellement à une courte distance des rives. Elles ont de petites aires de répartition. Cette espèce est l’une des moins tolérantes parmi les grenouilles en ce qui a trait à l’assèchement. Les têtards s’alimentent de diatomées qu’ils obtiennent en grattant les rochers submergés au moyen de leurs nombreuses petites dents noires circulaires. Les grenouilles adultes et juvéniles ont une alimentation variée, mais elles se nourrissent principalement d’araignées et d’autres arthropodes terrestres tels que les tiques, les mites, les collemboles et de nombreux insectes de même que d’escargots. Elles se nourrissent également d’espèces aquatiques, mais moins souvent. Elles sont les proies des Cincles d’Amérique, des thamnophis, des truites, des crapauds de l’ouest et des grandes salamandres.

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Menaces

Les têtards de la grenouille-à-queue des Rocheuses sont vulnérables aux disparitions ou aux diminutions des populations à l’échelle locale par suite des mouvements importants de charges de fonds (rochers, billes et débris) se produisant dans les ruisseaux, aggravés par des méthodes d’exploitation forestière qui augmentent la quantité de sédiments dans le lit des cours d’eau. Ces sédiments remplissent les espaces entre les gros rochers, éliminant les refuges que les têtards utilisent pour échapper aux inondations, aux mouvements importants de charges de fonds, à la prédation et aux températures chaudes. La fragmentation, la perte et la perturbation à grande échelle de l’habitat provoquées par la construction de routes et la coupe à blanc nuisent à l’espèce. La population est isolée sur le plan géographique, se trouve en faibles densités dans très peu de sites, et ses habitats de reproduction sont particulièrement vulnérables aux perturbations, notamment l’exploitation forestière et la construction de routes. La densité des têtards de cette population est faible et celle-ci est limitée par ses exigences spécialisées en matière d’habitat, le peu d’habitat dont elle dispose, la rareté des ruisseaux de reproduction stables, sa sensibilité aux pratiques forestières, sa difficulté à tolérer des températures chaudes et ses capacités de dispersion possiblement limitées.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Grenouille-à-queue des Rocheuses est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

La grenouille-à-queue des Rocheuses est protégée par la Wildlife Act de la Colombie-Britannique. Cette loi interdit de tuer ou de collecter les amphibiens ou de les garder en captivité sans permis..

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la grenouille-à-queue des Rocheuses (Ascaphus montanus) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de la Grenouille-à-queue des Rocheuses

  • Ted Antifeau - Président/Contact - Gouv. de la Colombie Britannique
    Tél. : 250-354-6163  Téléc. : 250-354-6332  Envoyer un courriel

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Progrès et activités de rétablissement

Résumé des progrès réalisés jusqu’à présent Une équipe de rétablissement dont le mandat consiste à coordonner les mesures de rétablissement de la grenouille à queue des Rocheuses et à élaborer un programme de rétablissement a été formée. Résumé des activités de recherche et de surveillance Les relevés indiquent la présence en Colombie Britannique de deux populations de grenouille à queue des Rocheuses séparées sur le plan géographique : une dans le bassin hydrographique de la rivière Flathead et l’autre dans le bassin de la rivière Yahk. Des inventaires à grande échelle visant à définir l’aire de répartition et la distribution à l’intérieur de celle-ci ont été effectués pour les deux populations. Des protocoles de surveillance des deux populations et de l’état de leur habitat sont en cours d’élaboration. Résumé des activités de rétablissement Une petite portion de l’habitat de la grenouille à queue des Rocheuses, située dans le bassin hydrographique de la rivière Flathead, a été durement touchée par les incendies de forêt en 2003. Les routes d’accès construites pour la lutte contre les incendies ont été mises hors service ou stabilisées, ce qui réduit au minimum la pollution causée par des sédiments dans les cours d’eau où se trouve la grenouille à queue. Ces mesures de remise en état efficaces continueront tout au long de 2005 et peut être plus longtemps, et l’équipe de rétablissement pourra en recommander d’autres. À l’heure actuelle, l’équipe de rétablissement élabore un plan de protection de l’habitat riverain à l’échelle des bassins hydrographiques pour la rivière Yahk et la rivière Flathead. Presque tout l’habitat de la grenouille se trouve dans des terres publiques. L’équipe de rétablissement a donc comme objectif de créer des aires d’habitat faunique pour protéger les aires de reproduction et de dispersion essentielles partout dans ces bassins. Dans les aires d’habitat faunique, on protégera l’habitat que constituent les cours d’eau et leurs rives en limitant l’accès du bétail, la récolte et l’activité minière.

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

6 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la grenouille-à-queue des Rocheuses (Ascaphus montanus) au Canada (2014)

    La grenouille-à-queue des Rocheuses adulte est petite et a une grosse tête; la pupille est verticale, et les orteils extérieurs des pattes postérieures sont larges et aplatis; le tympan fait défaut. La couleur varie de havane ou brun à vert olive ou rouge, et une barre cuivrée bien distincte au contour foncé est visible entre les yeux. Le nom « grenouille-à-queue » vient de la présence chez le mâle d’une courte extension conique du cloaque qui lui sert d’organe copulateur. Les têtards possèdent un disque oral modifié en ventouse qui leur permet de s’agripper aux roches même dans les eaux les plus vives. Leur peau est marbrée, noir et havane, et, au bout de leur queue, ils présentent un ocelle blanc saillant au contour noir.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Grenouille-à-queue des Rocheuses (2015)

    Au Canada, cette grenouille inhabituelle qui se reproduit dans des cours d’eau se limite à deux bassins hydrographiques non interconnectés, où elle dépend de petits cours d’eau rapides en forêt. La détérioration de l’habitat résultant de la sédimentation associée principalement aux routes, à l’exploitation forestière et aux incendies, ainsi que la perte de l’habitat de dispersion terrestre en raison de l’exploitation forestière et de la récolte de bois sont les menaces principales. La population totale est petite et compte environ 3 000 individus adultes, ce qui augmente la vulnérabilité de la population aux perturbations de l’environnement. Une plus grande protection de l’habitat et un moratoire sur l’exploitation minière dans la portion de la rivière Flathead de l’aire de répartition a mené à un changement du statut qui était « en voie de disparition ».

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la grenouille-à-queue des Rocheuses (Ascaphus montanus) au Canada (2015)

    Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent pour le rétablissement de la grenouille à queue des Rocheuses et il a élaboré la présente addition du gouvernement fédéral au programme de rétablissement (partie 1), conformément à l’article 37 de la LEP. Cette addition a été élaborée en collaboration avec la Province de la Colombie Britannique. L’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) autorise le Ministre à adopter en tout ou en partie un plan déjà élaboré à l’égard d’une espèce, si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). La Province de la Colombie Britannique a remis le plan de rétablissement de la grenouille à queue des Rocheuses ci joint (partie 2), à titre d’avis scientifique, aux instances responsables de la gestion de l’espèce en Colombie Britannique. Ce plan a été préparé en collaboration avec Environnement Canada.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2013-2014 (2014)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (octobre 2013 à septembre 2014), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 24 au 29 novembre 2013, et la deuxième, du 27 avril au 2 mai 2014. Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 0 En voie de disparition : 23 Menacées : 12 Préoccupantes : 20 Données insuffisantes : 0 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 25 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : espèces terrestres - Janvier 2015 (2015)

    Le gouvernement du Canada est voué à prévenir la disparition des espèces sauvages en péril de nos territoires. Dans le cadre de sa stratégie visant à honorer cet engagement, le gouvernement du Canada a adopté la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003. L'annexe 1 de la Loi, qui présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la LEP, est aussi appelée la « Liste des espèces en péril ». Les espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées qui figurent à l'annexe 1 bénéficient de la protection conférée par les interdictions et d’exigences en matière de la planification du rétablissement prévues à la LEP. Les espèces préoccupantes bénéficient d’exigences en matière de planification de la gestion. L'annexe 1 contenait initialement 233 espèces sauvages en péril et, maintenant, 521 espèces forment la liste. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 15 avril 2015 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations régulières; et le 15 octobre 2015 pour les espèces terrestres faisant l'objet de consultations prolongées.Pour obtenir une description des processus de consultation auxquels ces espèces seront soumises, veuillez consulter le site Web suivant : Registre public des espèces en péril

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017