Profil d'espèce

Antennaire stolonifère

Nom scientifique : Antennaria flagellaris
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2004
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Antennaire stolonifère

Antennaire stolonifère Photo 1

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Description

L’antennaire stolonifère est une petite plante vivace qui tire son nom de ses stolons, les tiges horizontales au moyen desquels elle se propage à partir d’une souche de fines racines réunies en faisceaux. Les stolons peuvent mesurer jusqu'à 10 cm de longueur, et les quelques tiges centrales porteuses de fleurs, jusqu'à 3,5 cm de hauteur. Les feuilles sont allongées et étroites, s’élargissant parfois un peu au sommet. Elles mesurent de 1 à 3 cm de longueur et sont recouvertes de poils laineux fins. Les feuilles situées à la base du plant sont nombreuses, contrairement aux feuilles de la tige. Les fleurs sont regroupées tout au haut de la tige, en formations appelées capitules. Selon les plants, les capitules sont entièrement constitués de fleurs femelles, mesurant de 5 à 7 mm, ou de fleurs mâles plus petites, mesurant de 3 à 4,5 mm. Les capitules sont accompagnés de feuilles appelées bractées. Chez les fleurs femelles, les bractées, teintées de brun ou de brun rougeâtre, mesurent de 7 à 13 mm de longueur et sont garnies à la base de poils laineux fins. Chez les fleurs mâles, les bractées sont brunâtres au sommet et translucides, et longues de 4 à 7 mm. L’antennaire stolonifère produit des fruits secs, les akènes, mesurant de 2 à 3 mm de longueur. De forme elliptique et portant de petites aspérités semblables à des verrues, chaque akène renferme une seule graine. L’akène mûr est surmonté de nombreuses soies blanches et fines, mesurant de 6 à 8 mm de longueur.

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Répartition et population

On retrouve l’antennaire stolonifère du sud-ouest de la Colombie-Britannique jusqu’en Idaho, au Wyoming, au Nevada et en Californie, dans l'ouest des États-Unis. Au Canada, l’espèce n'a été observée que dans la vallée de la rivière Similkameen, au sud-ouest de Princeton, dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Trois populations d’antennaires stolonifères ont été repérées dans la vallée de la Similkameen, le long d'un tronçon de 3,2 km de la route 3. En 2003, elles occupaient une superficie d'environ 2 200 m2 et comptaient à peu près un million d'individus. À ce jour, près de 30 p. 100 de l’habitat potentiel de l’espèce reste à explorer.

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Habitat

Au Canada, l’antennaire stolonifère pousse sur des versants exposés au sud, érodés et instables, à pente de 20 à 30 p. 100. Les trois sites sont situés uniquement sur des sols d’argile calcaire, caractérisés par un suintement saisonnier. Ces sols sont saturés par l’eau souterraine en hiver et s'assèchent pendant l’été. Peu d’espèces sont capables de tolérer les conditions de ces milieux éphémères, uniques dans la région de Princeton. Par conséquent, l’espèce domine les plantes clairsemées sur ces versants perturbés. Non loin de ces sites, la végétation est caractérisée par une steppe arbustive dominée par l’armoise tridentée, où poussent ici et là des pins ponderosa et des douglas taxifoliés.

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Biologie

On manque d'information sur la biologie et l’écologie de l’antennaire stolonifère en Colombie-Britannique; on ne dispose en effet que de certaines données de base sur sa reproduction. L’antennaire stolonifère est une plante vivace qui est dioïque, c’est-à-dire que les fleurs mâles et femelles de cette espèce se trouvent sur des plants différents. Les fleurs femelles sont pollinisées par le vent. L'espèce produit ainsi des graines par reproduction sexuée. Les plants portant les fleurs femelles produisent des fruits secs, les akènes, qui sont dispersés par le vent. Cette dispersion est facilitée grâce aux nombreuses soies qui ornent le fruit mûr. La plante peut également se multiplier par voie végétative, au moyen de stolons qui donnent naissance à de petits plants-filles. Ces jeunes plants finissent par devenir indépendants, à mesure que se brise leur lien avec le plant-mère. Ce mode de reproduction ne permet qu'une très faible dispersion, la longueur maximale des stolons ne dépassant pas 10 cm. La durée de vie moyenne des individus est courte.

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Menaces

La faible superficie d’occupation des populations de l’antennaire stolonifère constitue le principal facteur les menaçant. De plus, comme les milieux convenant à l’espèce sont extrêmement restreints, les possibilités de colonisation et d’expansion sont également limitées. Une autre menace qui pèse sur l’espèce est l’impact éventuel de l’utilisation récréative de véhicules tout-terrain. Des signes de l'utilisation de ces véhicules ont été observés à proximité des sites. Ce genre d'activité pourrait suffisamment perturber l'habitat pour le rendre inhospitalier pour l’antennaire stolonifère mais accueillant pour des espèces envahissantes. Les trois populations canadiennes de l’antennaire stolonifère sont situées sur deux terrains privés faisant partie de la Réserve de terres agricoles (RTA) de la province. Récemment, la région a connu une augmentation de la construction domiciliaire, et on peut penser que des demandes pourraient éventuellement être faites pour soustraire ces terrains à la RTA, d’autant plus que leur sol ne convient pas très bien à l'agriculture. À l'heure actuelle, certaines des activités qui sont permises dans la RTA peuvent également menacer la persistance de l'espèce. Les mesures de lutte contre les mauvaises herbes appliquées le long des lignes de transport d’électricité constituent une autre menace potentielle pour les populations de l’antennaire stolonifère se trouvant à moins de 150 m de telles lignes. Enfin, le projet d'exploitation du méthane de gisements houillers dans la région de Princeton pourrait gravement perturber l’habitat de l’espèce.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Antennaire stolonifère est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

À l’heure actuelle, l’antennaire stolonifère n’est protégé par aucune loi provinciale en Colombie-Britannique. Cependant, les populations de la province sont en partie à l’abri de certains types d'aménagement car elles se trouvent sur des terrains privés faisant partie de la Réserve de terres agricoles.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Prog. de rétablissement plurispécifique pour le paysage de Princeton visant le psilocarphe nain (Psilocarphus brevissimus) pop. des montagnes du Sud, le collomia délicat (Collomia tenella), l'antennaire stolonifère (Antennaria flagellaris) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’antennaire stolonifère (Antennaris flagellaris) au Canada (2004)

    La présence de l'Antennaris flagellaris au Canada a été signalée dans une publication pour la première fois en 1998. La plante est vivace quelques années et se propage au moyen de stolons à partir d'une souche à racines fasciculées. Les stolons peuvent mesurer jusqu'à 10 cm de longueur, et les quelques tiges florifères centrales, jusqu'à 3,5 cm de hauteur. Les feuilles basilaires présentent une pubescence laineuse soyeuse. Elles sont nombreuses, contrairement aux feuilles caulinaires. Le capitule est terminal et entièrement constitué de fleurs soit pistillées, soit staminées. Le fruit est un akène.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Antennaire stolonifère (2004)

    Plante vivace dont la durée de vie est courte et qui n'est présente qu'à trois emplacements géographiquement limités occupant de très petites superficies de milieux humides éphémères situés sur des terres privées. L'utilisation des VTT, évidente à proximité immédiate des populations, lui fait courir les plus grands risques. Les changements de l'hydrologie des eaux souterraines et les impacts à la surface du substrat, causés par des activités d'aménagement accrues dans la région, telles que la production proposée de méthane de gisements houillers, représentent d'autres menaces.

Programmes de rétablissement

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.