Profil d'espèce

Tonelle délicate

Nom scientifique : Tonella tenella
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2003
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Tonelle délicate

Tonelle délicate Photo 1

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Description

Comme l’indique son nom, la tonelle délicate est une plante grêle et délicate. Cette herbacée annuelle au port étalé, se redressant parfois vers le sommet, possède une fine racine pivotante. Sa tige, dépourvue de poils et souvent ramifiée, atteint 5 à 25 cm de hauteur. Les feuilles, lisses ou recouvertes de petits poils doux sur le dessus, sont disposées par paires autour de la tige. Au bas du plant, les feuilles sont arrondies et leur contour est légèrement denté. Elles mesurent de 1 à 2 cm de longueur et sont munies d’une petite queue, appelée pétiole. À partir du milieu du plant en montant, les feuilles sont divisées en trois lobes avec des échancrures profondes, les lobes devenant plus étroits vers le sommet de la tige. Leur pétiole raccourcit graduellement jusqu’à disparaître complètement chez les petites feuilles entières du sommet. Les fleurs bleu et blanc mesurent de 2 à 4 mm de largeur et sont portées par un long support peu ou pas poilu. On les trouve seules ou en groupes aux aisselles des bractées, les petites feuilles les accompagnant. La corolle, formée par l’ensemble des pétales, forme deux lèvres insérées dans un tube court. La lèvre supérieure est divisée en deux lobes, et celle du dessous en trois, le lobe du milieu étant plus grand que les autres. Le calice, formé par l’ensemble des sépales à la base de la fleur, est plus long que le tube de la corolle et peut atteindre 3 mm de longueur. Il est divisé en cinq lobes séparés par des échancrures profondes. Quatre étamines dépassent de la fleur. Le fruit est une capsule sèche en forme d’œuf ou de boule, renfermant deux à quatre graines sans ailes, longues de 1 à 1,5 mm.

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Répartition et population

L’aire de distribution principale de la tonelle délicate s'étend aux États-Unis depuis le sud de l’Oregon et de l'État du Washington, dans la gorge du fleuve Columbia, jusqu'au centre de la Californie. Au Canada, l’espèce ne se rencontre que dans l'ouest de l'île Saltspring (îles Gulf), dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique. Cet endroit est situé en dehors de la région où l’herbacée est principalement distribuée. En 2002, quatre petites sous-populations de tonelle délicate ont été observées à l'île Saltspring, sur le versant d'un mont où une autre sous-population, introuvable depuis, avait déjà été observée en 1976. Ces sous-populations comptaient chacune entre 30 et 150 individus et occupaient une superficie allant de 1 m2 pour la plus petite à environ 40 m2 pour la plus grande. La population compte au total de 230 à 315 individus environ et occupe une superficie totale de 65 m2. Le manque de données empêche de déterminer la tendance de cette population. D’autres milieux susceptibles de l’abriter ont été explorés, mais en vain. Comme la plante est peu voyante et très difficile à repérer, il y a de bonnes chances que d'autres sous-populations existent sur ce versant.

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Habitat

En Colombie-Britannique, la tonelle délicate se rencontre sur des versants orientés à l'ouest, sur des affleurements de roche graveleux ou des éboulis stables. On la retrouve aussi au sein de forêts clairsemées dominées par l'érable à grandes feuilles et l'arbousier ou au sein de forêts clairsemées dominées par le douglas taxifolié, l'arbousier et le chêne de Garry.

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Biologie

On dispose de peu d’information sur la biologie de la tonelle délicate. On sait que cette herbacée est une annuelle capable d’autofécondation, c’est-à-dire que ses fleurs peuvent être fécondées par leur propre pollen et, conséquemment, n’ont pas besoin de plants voisins pour se reproduire. Chez la tonelle délicate, comme chez les autres espèces à petites fleurs, l’extrémité des étamines renfermant le pollen vient en contact avec le stigmate (partie de l’organe reproducteur femelle de la fleur où germe le pollen) dès que la fleur commence à s’épanouir. De cette façon, la plante peut s’auto-polliniser sans attendre. Les stigmates sont tôt prêts à recevoir le grain de pollen qui fécondera la fleur. La fleur fécondée se transforme en petit fruit sec renfermant de deux à quatre graines. Les graines, collantes lorsque mouillées, sont probablement dispersées par les animaux. La persistance de la tonelle délicate en Colombie-Britannique démontre que les graines sont viables et germent facilement. À faible altitude, la plante est aussi pollinisée par plusieurs espèces d’insectes, dont les bourdons.

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Menaces

En Colombie-Britannique, la menace la plus immédiate qui pèse sur la population de la tonelle délicate est la perte de son habitat au profit de la construction résidentielle au bord de la mer. Le site unique de l’espèce se trouve sur un terrain privé situé dans une région où les terrains riverains sont les plus convoités. Si ce terrain venait à être aménagé, son habitat serait probablement réduit ou complètement détruit. La perte de ce site signifierait donc la disparition de l’espèce de la Colombie-Britannique et du Canada. Les feux risquent aussi d’influencer la survie de la tonelle délicate. La végétation de la région où pousse cette espèce serait maintenue par le régime naturel de feux d'origine naturelle ou humaine. L'absence des feux donne lieu à l'accumulation de matières combustibles, et un incendie dans ces conditions s'avérerait dévastateur. La sécheresse qui a sévi en Colombie-Britannique au cours des dernières années a provoqué de nombreux incendies. Un feu survenant sur le site de l’espèce à l’île Saltspring pourrait complètement le détruire. La présence d’espèces exotiques constitue également une menace pour la tonelle délicate. La végétation de la région où se trouve le site de l’espèce est fortement dominée par des graminées introduites.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Tonelle délicate est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

La tonelle délicate n’est protégée par aucune loi provinciale en Colombie-Britannique.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement multi espèces visant les plantes en péril des chênaies de Garry au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Équipe de rétablissement de l'écosystème des chênes de Garry

  • Conan Webb - Président/Contact - Agence Parcs Canada
    Tél. : 250-478-5153  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la tonelle délicate (Tonella tenella) au Canada (2003)

    La tonelle délicate (Tonella tenella, famille des Scrofulariacées) est une herbacée annuelle grêle, ascendante à étalée, à fine racine pivotante. La tige, glabre et souvent ramifiée, atteint 5 à 25 cm de hauteur. Les feuilles sont opposées, glabres ou avec la face supérieure couverte d'une pubescence douce. Les inférieures sont pétiolées, ovées à rondes, longues de 1 à 2 cm, avec un petit nombre de dents. Les médianes et les supérieures sont trilobées avec des échancrures profondes, les lobes devenant plus étroits vers le sommet de la tige. Le pétiole est plus court à partir des médianes en montant, et les feuilles deviennent sessiles vers le sommet de la tige. Les feuilles supérieures sont réduites et souvent entières. Les fleurs, portées par un long pédoncule glabre ou finement glanduleux-pubescent, sont solitaires ou groupées aux aisselles des bractées. La corolle est bleu et blanc, large de 2 à 4 mm, à tube court et bilabiée. La lèvre supérieure est bilobée, et l'inférieure, trilobée avec le lobe médian plus grand que les autres. Le calice, à 5 lobes séparés par des échancrures profondes, peut atteindre 3 mm de longueur. Les lobes du calice sont plus longs que le tube. L'androcée comprend 4 étamines exsertes. Le fruit est une capsule ovoïde à globuleuse, renfermant 2 à 4 graines longues de 1 à 1,5 mm et non ailées.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Tonelle délicate (2004)

    Une petite annuelle dont la présence est connue dans un seul site dans les îles Gulf, en Colombie-Britannique. L'espèce est menacée par l'aménagement éventuel, les espèces exotiques et la gestion des feux.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement multi espèces visant les plantes en péril des chênaies de Garry au Canada (2016)

    Le présent programme de rétablissement, élaboré dans le cadre du programme Recovery Strategy for Garry Oak and Associated Ecosystems and their Associated Species at Risk in Canada: 2001-2006 (GOERT, 2002), vise le rétablissement de cinq espèces en péril au Canada qui sont associées aux chênaies de Garry (milieux dominés par le chêne de Garry, Quercus garryana), à savoir la balsamorhize à feuilles deltoïdes (Balsamorhiza deltoidea), l'aster rigide (Sericocarpus rigidus), la tonelle délicate (Tonella tenella), le tritéléia de Howell (Triteleia howellii) et la violette jaune des monts (Viola praemorsa ssp. praemorsa).

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.