Profil d'espèce

Gonidée des Rocheuses

Nom scientifique : Gonidea angulata
Taxonomie : Mollusques
Distribution : Colombie-Britannique
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2010
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Gonidée des Rocheuses

Taxinomie

Les liens de parenté que partage la gonidée des Rocheuses avec d'autres sous-groupes de la même famille sont incertains. En attendant d'en savoir davantage sur cette moule qui ne semble étroitement apparentée à aucune autre espèce d'Amérique du Nord, on classe les gonidées des Rocheuses comme un genre très particulier de la famille des mulettes perlières.

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Description

La gonidée des Rocheuses est une grande moule d'eau douce. Sa coquille présente la forme d'un trapèze et mesure jusqu'à 12,5 cm de longueur et 0,4 cm de largeur. En général plutôt mince, elle peut s'élever jusqu'à 6,5 cm de haut vers l'arrière. Comme toutes les autres moules, la coquille de la gonidée des Rocheuses est constituée de deux parties, appelées valves, reliées entre elles par une charnière. La charnière, de taille moyenne, est munie à l'avant de petites dents irrégulières difficiles à distinguer. La surface de la coquille est marquée par des anneaux de croissance bien dessinés et la valve du dessus se distingue par une crête saillante très accentuée au sommet. Chez les jeunes moules, l'extérieur de la coquille est de couleur verdâtre ou ocre, alors que les adultes sont en général plus foncés, prenant une teinte noir bleuâtre. L'intérieur de la coquille est d'un blanc teinté de bleu cuivré.

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Répartition et population

La gonidée des Rocheuses est présente depuis le sud de la Colombie-Britannique jusque dans le sud de la Californie, aux États-Unis, et vers l’est, jusque dans le sud de l’Idaho et le nord du Nevada. Au Canada, sa présence se limite au réseau du fleuve Columbia et à ses tributaires, dont la rivière Okanagan et la Kootenay. Il est probable que cette espèce soit présente dans d’autres régions similaires du sud de la Colombie-Britannique. Actuellement, il existe en Colombie-Britannique deux populations distinctes et très fragmentées : l’une dans la rivière Okanagan, comptant environ huit localités, et l’autre dans la rivière Kootenay, dont le nombre de localités est indéterminé. On ne connaît pas la taille de ces populations. Récemment, la présence de l’espèce a été confirmée dans une seule des huit localités où elle avait été observée dans le passé. Il s’agit du ruisseau Park Rill, un tributaire de la rivière Okanagan, où un spécimen mort a été récolté en 2002 près de la localité d’Oliver. Vu le faible nombre de spécimens récoltés et conservés dans les collections au Canada, et la diminution de la qualité de l’eau, les populations sont considérées comme en déclin.

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Habitat

La gonidée des Rocheuses vit dans l'eau douce. On la trouve dans les zones peu profondes des lacs et cours d'eau de tailles diverses où le courant est constant, surtout lorsque les fonds sont constitués de matériaux fins. Elle semble éviter les eaux troubles et riches en éléments nutritifs. La gonidée se fixe au gravier ou à la vase ferme du fond, en autant qu'on y retrouve une petite quantité de matériaux fins comme du sable ou de l'argile; selon la finesse du fond, elle s'enfouit partiellement ou complètement. Il n'est pas rare de voir à un même endroit des individus de tous les âges (non larvaires).

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Biologie

Bien qu'on connaisse peu la biologie de cette espèce, on suppose qu'elle se reproduit comme les autres moules d'eau douce de l'Amérique du Nord, soit par fécondation interne d'une femelle et par production de petites larves appelées glochidies. Après s'être développées dans les branchies d'une moule femelle, les larves sont expulsées d’avril à juillet et dérivent dans l'eau jusqu'à ce qu'elles se fixent aux branchies ou aux nageoires d'un poisson. L'espèce de ce poisson hôte est encore inconnue mais on suppose qu'il pourrait d'agir de plusieurs espèces, en partie à cause de la grande aire de répartition historique de la moule. Après une période variant de une à six semaines, les larves devenues des moules juvéniles quittent le poisson hôte et flottent librement au fond de l'eau où, devenues adultes, elles se fixeront. Les adultes demeurent en général fixés au fond de l'eau et ne peuvent se déplacer que s'ils sont dérangés plusieurs fois. La gonidée des Rocheuses se nourrit probablement de bactéries et d’algues qu'elle ingère en filtrant l'eau. Comme chez toutes les moules d'eau douce, le taux de survie des larves est faible. D'après le décompte des bourrelets de croissance annuels, on estime que l'adulte peut vivre jusqu'à 30 ans.

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Menaces

La gonidée des Rocheuses est menacée par la destruction et la dégradation de son habitat. Comme tous les membres de cette famille de moules, elle est très sensible aux changements de son milieu tels que ceux affectant la température ou la composition de l'eau. Conséquemment, plusieurs espèces de cette famille sont en voie de disparition en Amérique du Nord. En Colombie-Britannique, le projet de réaménagement du cours de la rivière Okanagan pourrait avoir une incidence négative sur les populations de la mulette en amenant, entre autres, des variations dans les niveaux d’eau. Cependant, ce réaménagement pourrait s’avérer positif à long terme en favorisant la dispersion de l’espèce et en créant de nouveaux habitats propices. Une autre menace pesant sur la gonidée des Rocheuses est l'eutrophisation des lacs et cours d'eau, soit leur enrichissement en sels minéraux provenant en grande partie de l'agriculture et des piscicultures, qui entraîne la prolifération de la végétation aquatique et l'appauvrissement du milieu en oxygène. De plus, ces organismes filtreurs sont en général vulnérables à la pollution, due notamment aux métaux lourds, puisque leur mode d'alimentation les amène à filtrer un important volume d'eau et ainsi, à accumuler dans leur corps les polluants dissous dans l'eau. La prolifération d'espèces exotiques comme la moule zébrée est également inquiétante.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Gonidée des Rocheuses est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Équipe de rétablissement

Groupe d'action de rétablissement des invertébrés en péril du sud de l'Okanagan

  • Orville Dyer - Président/Contact - Gouv. de la Colombie Britannique
    Tél. : 250-490-8244  Envoyer un courriel
  • Jennifer Heron - Président/Contact - Gouv. de la Colombie Britannique
    Tél. : 604-222-6759  Téléc. : 604-660-1849  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

12 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapport sur les progrès de la mise en œuvre du programme de rétablissement

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la gonidée des Rocheuses (Gonidea angulata) au Canada (2011)

    La mulette Gonidea angulata, connue sous le nom commun de gonidée des Rocheuses, a été décrite par Lea en 1839. La coquille mesure jusqu'à 125 mm de longueur, 65 mm de hauteur et 40 mm de largeur, et le test peut mesurer jusqu'à environ 5 mm d'épaisseur à la moitié antérieure; elle est d'aspect variable mais en général plutôt mince, de forme trapézoïdale, à bord postérieur obliquement aplati et plutôt large, avec une crête postérieure saillante et accusée depuis le sommet jusqu'à l'angle postéro basal du bord de chaque valve. Les juvéniles peuvent être de teinte verdâtre ou ocre alors que les adultes sont en général plus foncés, prenant une teinte noir bleuâtre.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Gonidée des Rocheuses (2004)

    La répartition de cette espèce est limitée au Sud de la Colombie-Britannique dans les réseaux hydrographiques Okanagan et Kootenay. Il est probable que le barrage des rivières Kootenay, Columbia et Okanagan et que la canalisation de la rivière Okanagan aient eu des répercussions sur cette espèce et qu'ils aient entraîné la perte ou la modification de la qualité et de l'étendue de son habitat.
  • Énoncé de réaction - Gonidée des Rocheuses (2011)

    Au Canada, cette moule, l'une des quelques espèces de moules d'eau douce en Colombie-Britannique, est limitée au bassin de l'Okanagan. Historiquement, la canalisation et la régulation de la rivière Okanagan ont nui aux moulières et ont entraîné une réduction de la population. Des sites additionnels ont été découverts depuis l’évaluation initiale du COSEPAC (2003). Actuellement, les moules zébrée et quagga (de la famille des Dreissenidés) représentent la menace potentielle la plus importante pour cette moule indigène. Ailleurs au Canada, les dreissenidés ont eu des effets dévastateurs sur les communautés d'unionidés indigènes, telles que dans la région des Grands Lacs. Une évaluation récente de la vulnérabilité du bassin de l’Okanagan aux dreissenidés a démontré que ces moules pourraient se propager rapidement et établir une intense infestation sur les moules indigènes une fois introduites. Dans un avenir rapproché, l'introduction de dreissenidés dans le bassin de l'Okanagan est probable, car ces moules peuvent survivre hors de l'eau pendant des jours, et on sait qu'elles sont transportées d'un plan d'eau à un autre, étant fixées à des embarcations qui sont remorquées; au cours des dernières années, des dreissenidés ont été interceptés sur des embarcations qui étaient remorquées vers la Colombie-Britannique. L'aménagement continu de l’estran et de la zone riveraine ainsi que certaines méthodes de contrôle du myriophylle en épi, une espèce envahissante, ont réduit l’habitat et perturbé la qualité de l’eau.

Plans de gestion

  • Plan de gestion de la gonidée des Rocheuses (Gonidea angulata) en Colombie-Britannique (2011)

    La gonidée des Rocheuses, un mollusque d’eau douce, a été désignée en tant qu’espèce préoccupante en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en juillet 2005. La coquille de ce grand bivalve d’eau douce, qui est trapézoïdale, se distingue principalement par une crête postérieure saillante presque parallèle au bord antérieur, depuis l’umbo jusqu’au bord postéro-basal angulaire de chaque valve. La moitié postérieure de la coquille est plus longue que la moitié antérieure.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2004)

    Le décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation d'espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition - de la planète ou du Canada seulement - des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, sont devenues des espèces disparues du pays, en voie de disparition ou menacées et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril (2005)

    Conformément à l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), le ministre de l'Environnement recommande que 43 espèces soient ajoutées à l'annexe 1, soit la Liste des espèces en péril. Cette recommandation est fondée sur les évaluations scientifiques effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et sur les consultations avec des gouvernements, des peuples autochtones, des conseils de gestion des ressources fauniques, des intervenants et le public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2010 - 2011 (2011)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année, le COSEPAC a organisé deux réunions d’évaluation des espèces sauvages pour évaluer le statut ou revoir la classification d'un total de 92 espèces sauvages.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.
  • Loi sur les espèces en péril- Cahier de consultation, région du Pacifique (2004)

    Nous désirons recueillir votre opinion pour aider le gouvernement fédéral à décider de manière fondée si l'esturgeon blanc, la baleine grise, le marsouin commun, l'otarie de Steller et la gonidée des Rocheuses devraient être ajoutés à l'Annexe 1 (la liste des espèces en péril) de la Loi sur les espèces en péril. Vos commentaires concernant les conséquences de l'ajout de ces espèces à la liste sont importants. Ce cahier de consultation a été préparé pour que vous puissiez communiquer à Pêches et Océans Canada vos commentaires et vos conseils concernant l'ajout de cette espèce à l'Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (L'Annexe 1 identifie les espèces qui sont protégées par cette loi).