Profil d'espèce

Maraîche

Nom scientifique : Lamna nasus
Taxonomie : Poissons
Distribution : Océan Atlantique
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2014
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Aucune annexe, Aucun statut

Les individus de cette espèce pourraient être protégés en vertu de l'annexe 1 de la LEP sous un autre nom. Pour plus d'information voir l'annexe 1, l'index des espèces de A à Z, ou le cas échéant, le tableau des espèces apparentées ci-dessous.


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Maraîche Photo 1

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Description

La maraîche est un grand requin côtier et océanique, fréquentant des eaux froides à tempérées. Ce nageur très actif est doté d’un puissant corps fuselé atteignant une hauteur maximale au niveau de la nageoire dorsale et une longueur maximale d’environ 3 m. La maraîche est d’une teinte gris foncé à noir bleuté sur le dos et blanc sur le ventre. Elle possède une tête forte, un museau pointu et de grands yeux. Sa gueule, de taille moyenne à grande, est équipée de dents pointues en forme de lames plutôt grandes et à rebord lisse, identiques sur les deux mâchoires. Les fentes branchiales sont longues. Sur la poitrine, les grandes nageoires pectorales, deux fois plus longues que larges, sont insérées derrière la cinquième fente branchiale. Comme tous les requins, l’espèce possède deux nageoires dorsales; la première, grande et triangulaire, est à peu près aussi haute que longue, et la seconde, située près de la queue, est très petite. La nageoire anale, aussi très petite, est insérée juste au-dessous de la nageoire dorsale. Les nageoires pelviennes, insérées sur le bassin, sont un peu plus grandes. La queue du poisson est reliée au corps par un mince pédoncule caudal marqué de part et d’autre d’une ligne médiane saillante, la carène. L’espèce se distingue par les petites carènes secondaires sur la nageoire caudale. Cette nageoire, formant la queue, est trapue et en forme de croissant, la moitié supérieure étant plus grande que celle du bas. Des fossettes sont bien visibles sur le dos et sur le ventre, devant la nageoire caudale.

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Répartition et population

La maraîche est présente dans le nord de l’océan Atlantique et, tout autour de la planète, dans le sud des océans Atlantique, Indien et Pacifique, ainsi que dans l'océan Austral. Dans l'Atlantique Nord-Ouest, on trouve une population de maraîches dans les eaux du Groenland, du Canada, des États-Unis et des Bermudes. Au Canada, l'espèce est présente dans une zone s’étendant du nord de Terre-Neuve jusque dans le golfe du Saint-Laurent et autour de Terre-Neuve jusqu'au plateau de la Nouvelle-Écosse et à la baie de Fundy. Bien que la population ne soit pas confinée aux eaux canadiennes, la majeure partie de son aire de répartition y est située. Comme la population effectue de grandes migrations annuelles entre, d'une part, le golfe du Maine et le Banc Georges et, d'autre part, Terre-Neuve et le golfe du Saint-Laurent, il est important de noter que son abondance dans les eaux canadiennes est fortement régie par ces migrations saisonnières. La zone d’occurrence de la maraîche au Canada occupe une superficie totale de 1 210 000 km2. La zone d'occupation, estimée à partir des emplacements des prises récentes, couvre une superficie d’environ 830 000 km2. On n'a pas d'indication que sa répartition dans les eaux canadiennes ait changé au cours des 45 dernières années. L’abondance de la maraîche a connu un déclin marqué depuis que l’espèce a commencé à faire l'objet d'une pêche commerciale, en 1961. Plusieurs techniques ont permis d’estimer que la biomasse de cette espèce (masse totale de maraîches vivantes) a chuté rapidement après le début de la pêche en 1961, qu'elle a remonté légèrement dans les années 1980, et puis qu'elle est redescendue à un minimum record en 2001. Ce record, estimé à environ 4 400 t, représente une diminution de la biomasse d’environ 90 p.100 sur une période de 40 ans. De la même façon, le nombre actuel de femelles reproductrices est estimé à 6 075, soit le dixième de l'abondance initiale. Une autre indication de surexploitation est la diminution de la taille des maraîches capturées sur les aires d'accouplement de la région de Terre-Neuve-golfe du Saint-Laurent. La longueur médiane des individus capturés est passée de plus de 200 cm en 1961 à 140 cm en 2000, une taille bien inférieure à celle de la maturité indiquant une faible proportion de maraîches matures. En fait, avant 1991, les classes d'âge les plus abondantes au large du sud de Terre-Neuve étaient les maraîches âgées de 10 à 15 ans, comparativement à des individus de moins de 3 ans dans les dernières années. Les quotas de pêche ont été considérablement réduits, et la pêche est interdite dans certains endroits où se trouvent des requins matures. Les prises sont maintenant formées surtout de juvéniles. Les indications recueillies lors des études par marquage donnent à penser que la population de maraîches de l'Atlantique Nord-Ouest ne pourrait pas se rétablir par apport d'individus provenant d'autres régions.

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Habitat

La maraîche est un requin qu’on retrouve du littoral à la haute mer. Généralement plus fréquente sur les plates-formes continentales, on la trouve aussi à distance des terres dans les bassins océaniques et, parfois, plus près des côtes. Même s’il est arrivé que l'espèce soit capturée à l'embouchure d'un estuaire saumâtre, elle ne fréquente pas les eaux douces. On la retrouve autant dans des eaux de surface et côtières de moins de 1 m de profondeur qu’à 700 m. La plus grande partie des maraîches fréquentant les eaux canadiennes se rencontrent à des températures d'eau comprises entre 5 et 10 ºC, avec peu de variation d'une saison à l'autre, ce qui donne à penser que la maraîche se déplace pour demeurer dans les eaux froides qu’elle préfère. Comme nombre de requins, la maraîche présente une ségrégation par taille et par sexe. Au Canada, les maraîches immatures semblent fréquenter essentiellement le plateau néo-écossais, alors que les individus matures effectuent des migrations annuelles le long du plateau néo-écossais vers les aires d'accouplement de Terre-Neuve. Les mâles migreraient au printemps, les femelles arrivant un peu plus tard. On pense que, dans l'Atlantique Nord-Ouest, l'accouplement a lieu sur les Grands Bancs, au sud de Terre-Neuve, et à l'entrée du golfe du Saint-Laurent. On rencontre des femelles en gestation de la fin de septembre jusqu'en décembre sur le plateau néo-écossais et dans la région du Grand Banc, mais rarement de janvier à juin. En fait, on sait peu de choses sur les aires d'hivernage ou de mise à bas de la maraîche.

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Biologie

Comme tous les requins, la maraîche est ovovivipare, ses œufs éclosant à l’intérieur du ventre de la femelle. Le cycle de reproduction serait d’une année; il n’y aurait donc pas de longue période de latence après la naissance des petits. L'accouplement a lieu de la fin septembre jusqu'en novembre, et la mise bas survient huit à neuf mois plus tard, entre le début d'avril et le début de juin. Les femelles donnent naissance à quatre petits en moyenne. Les jeunes requins, laissés à eux-mêmes dès la naissance, présentent des taux de survie élevés. Après une croissance relativement rapide au cours de la première année, les maraîches connaissent une croissance lente et une maturité tardive. L'âge à la maturité est de 8 ans chez les mâles et de 13 ans chez les femelles. La durée d'une génération, soit l'âge moyen des mères, est estimée à 18 ans. La longévité de la maraîche a quant à elle été estimée entre 25 et 46 ans. Ce requin connaît une faible mortalité naturelle, la principale cause de mortalité dans la population de l'Atlantique Nord-Ouest étant la pêche. En fait, mis à part l'homme, on ne connaît pas de prédateurs à cette espèce. La maraîche possède un système circulatoire comportant des échangeurs de chaleur qui permettent à l'animal de conserver sa chaleur et de garder une température corporelle de 7 à 10 ºC plus élevée que celle de l'eau ambiante. Elle est un des requins pélagiques les plus tolérants au froid. Ce poisson cartilagineux est essentiellement un piscivore opportuniste qui se nourrit de nombreuses espèces, principalement de poissons osseux et de calmars. On peut trouver la maraîche seule, en bancs ou en groupes réunis pour se nourrir. Son comportement et sa sociobiologie sont mal connus, sa taille, la rapidité de sa nage et sa répartition en haute mer en eau profonde la rendant en effet difficile à étudier. Les caractéristiques de son cycle biologique, y compris sa maturité tardive et sa faible fécondité, rendent cette espèce particulièrement vulnérable à la surexploitation.

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Menaces

La maturité tardive et la faible fécondité de la maraîche la rendent très vulnérable à la surexploitation et limitent sa capacité de rétablissement. Ce facteur limitant est d’autant plus exacerbé que l'exploitation, certes réduite, se poursuit néanmoins dans l’Atlantique Nord-Ouest. À l'heure actuelle, les maraîches y sont surtout capturées dans le cadre de la pêche commerciale dirigée à la palangre pélagique au Canada. L’espèce fait aussi l’objet de prises de pêche dirigée aux États-Unis, et de prises accessoires des flottilles de pêche à la palangre pélagique de l’espadon et du thon du Canada, des États-Unis et d’autres pays, surtout le Japon. Il n'est pas certain que des mesures de gestion visant à réduire l'exploitation suffisent pour assurer un rétablissement de la population de maraîches. Même s’ils représentent un abaissement substantiel par rapport aux captures du milieu des années 1990, les quotas actuels constituent encore un taux d'exploitation élevé compte tenu du faible effectif de la population. À l'heure actuelle, rien n'indique que l'abondance de la maraîche ait cessé de décliner. En fait, il n’est même pas certain que les déclins soient réversibles.

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Protection

Protection fédérale

Au Canada, la gestion de la maraîche relève du ministère des Pêches et des Océans. La gestion de cette espèce très prisée sur le marché est apparue dans les années 1990, en réaction à la nouvelle pêche canadienne de cette espèce. La maraîche est maintenant protégée au niveau fédéral par la Loi sur les océans et par la Loi sur les pêches aux termes du Règlement de pêche de l'Atlantique. Les plans de gestion des pêches de requins pélagiques du Canada atlantique de 1994 et 1995 ont mis en place plusieurs mesures de gestion pour la maraîche. Ils ont interdit l'enlèvement des nageoires, précisé que les permis de pêche de la maraîche seraient du type exploratoire, limité le nombre de permis, le type d'engins et les zones de pêche, fixé des saisons de pêche ainsi que des exigences scientifiques précises. L'objectif du plan global publié en 1997 était de maintenir une ressource biologiquement durable, qui alimenterait une pêche autosuffisante. La conservation ne devait pas être compromise et une approche prudente guiderait le processus décisionnel. Le programme coopératif de recherche du ministère des Pêches et des Océans sur la maraîche, lancé en 1998 avec l'appui de l'industrie canadienne de la pêche au requin, a débouché sur deux évaluations analytiques de l'espèce. La gestion basée sur ces évaluations a abaissé les quotas de pêche pour la maraîche, de 1000 t à 850 t pour 2000-2001, et à 250 t entre 2002 et 2007. Le ministère doit réévaluer la maraîche en 2006. Notons qu’il n’existe actuellement aucune mesure de gestion pour la pêche concernant la maraîche dans les eaux internationales.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la maraîche (Lamna nasus) au Canada (2014)

    La maraîche (Lamna nasus) est l’une des 5 espèces appartenant à la famille des Lamnidés, communément appelés « requins-taupes ». Son nom anglais commun officiel est « porbeagle ». L’espèce est gris bleuâtre foncé sur la face dorsale et blanche sur la face ventrale, et l’extrémité postérieure libre de sa première nageoire dorsale est blanche. Les bords sont propres à chaque individu. La maraîche atteint une longueur maximale d’environ 350 cm. Elle est la seule représentante du genre Lamna dans l’Atlantique Nord?Ouest, où les individus forment une seule population. Chaque année, l’espèce effectue des migrations saisonnières sur de longues distances le long de la côte Est du Canada et des États?Unis. Rien n’indique un mélange entre les populations de maraîches du nord-ouest et du nord-est dans l’Atlantique. Dans le présent rapport, on considère que les maraîches de l’Atlantique Nord-Ouest forment une unité désignable. La chair de maraîche fait partie des chairs de requin les plus prisées.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Maraîche (2004)

    Ce requin pélagique très répandu est le seul représentant du genre auquel il appartient dans l'Atlantique Nord. Son abondance a connu un grand déclin depuis que la pêche a repris au Canada dans les années 1990 après un effondrement antérieur et un rétablissement partiel. Les quotas de pêche ont été considérablement réduits, et la pêche est interdite dans certains endroits où se trouvent des requins matures. Les débarquements sont maintenant formés surtout de juvéniles. Les caractéristiques de son cycle biologique, y compris sa maturité tardive et sa faible fécondité, rendent cette espèce particulièrement vulnérable à la surexploitation.
  • Énoncé de réponse – Maraîche (2015)

    L’abondance de ce requin a connu une baisse importante dans les années 1960 après le début des pêches ciblant cette espèce. Un rétablissement partiel au cours des années 1980 a été suivi par un autre effondrement dans les années 1990. Le nombre d’individus est demeuré faible, mais stable au cours de la dernière décennie, depuis que les prises ont diminué. Les pêches dirigées sont suspendues depuis 2013, quoique l’espèce fasse encore l’objet de prises accessoires dont l’importance est inconnue en eaux canadiennes; des mortalités non consignées se produisent également en eaux internationales. Les caractéristiques du cycle vital de l’espèce, incluant une maturité tardive et une faible fécondité, la rendent particulièrement vulnérable à la surexploitation.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2004 (2004)

    Le rapport annuel de 2004 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2013-2014 (2014)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (octobre 2013 à septembre 2014), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 24 au 29 novembre 2013, et la deuxième, du 27 avril au 2 mai 2014. Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 0 En voie de disparition : 23 Menacées : 12 Préoccupantes : 20 Données insuffisantes : 0 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 25 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : novembre 2004 (2004)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.
  • Loi sur les espèces en péril- Cahier de consultation au sujet de l'inscription sur la liste des espèces en péril, Maraîche (Lamna nasus) (2005)

    Nous désirons recueillir votre opinion pour aider le gouvernement fédéral à décider de manière fondée si la maraîche devrait être ajoutée à l'Annexe 1 (la liste des espèces en péril) de la Loi sur les espèces en péril. Vos commentaires concernant les conséquences de l'ajout de cette espèce à la liste sont importants. Ce cahier de consultation a été préparé pour que vous puissiez communiquer à Pêches et Océans Canada vos commentaires et vos conseils concernant l'ajout de cette espèce à l'Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (L'Annexe 1 identifie les espèces qui sont protégées par cette loi).

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