Profil d'espèce

Gérardie rude

Nom scientifique : Agalinis aspera
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Manitoba
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2006
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Gérardie rude

Description

La gérardie rude est une herbacée annuelle atteignant, au Manitoba, une hauteur de 8 à 35 cm. Très peu ramifiées, les tiges sont minces et dressées. Cette plante à fleurs est dépourvue de poils et ses feuilles sont très rudes au toucher, d’où son nom commun. Longues et étroites les feuilles mesurent de 1 à 4 cm de longueur et de 0,8 à 1,5 mm de largeur et sont disposées par paires sur la tige. Les fleurs sont rose violacé et réunies en grappes allongées portées par de minces supports presque dressés. Chaque grappe comprend de 4 à 18 fleurs. Sur la plante, seulement une ou deux fleurs sont visibles à la fois, car chaque fleur ne reste ouverte qu’une journée. Le fruit est une capsule brun foncé en forme d’œuf élargi à la base. Ce fruit sec renferme de nombreuses graines minuscules dont la forme rappelle un losange.

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Répartition et population

La gérardie rude se trouve dans les plaines centrales d’Amérique du Nord, depuis le Manitoba jusqu’au Texas. L’espèce est probablement le plus commune en Iowa et au Nebraska, mais sa présence a également été signalée en Illinois, au Kansas, en Arkansas, en Louisiane, au Missouri, en Oklahoma, dans le nord du Texas, dans le sud-ouest du Minnesota et du Wisconsin ainsi que dans l’est du Dakota du Nord et du Dakota du Sud. Au Canada, on ne la retrouve que dans 11 sites répartis entre six villes du sud du Manitoba, soit Grosse Isle, Warren, Woodlands, Saint-Laurent, Poplar Point et Brandon. La population canadienne de gérardie rude était très petite en 2004, mais il est possible qu’elle fluctue d’une année à l’autre. Dans tous les sites, le nombre d’individus était très bas, allant de un seul à tout au plus une cinquantaine d’individus, et l’effectif total ne dépassait probablement pas 230 individus. Il n’existe aucune étude antérieure qui permette de dégager les tendances de ces populations.

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Habitat

Il s’agit d’une espèce des prairies poussant dans les prés humides où elle est souvent menacée par le drainage agricole ou le broutage intensif, ce type d’habitat étant souvent utilisé comme pâturage. La plante se trouve dans des terrains dégagés où la végétation est clairsemée, ce qui assure un plein ensoleillement. Le sol y est alcalin, avec des îlots de sol caillouteux ou de gravier calcaire exposés. L’espèce semble tolérer les perturbations du sol. Les sites canadiens se trouvent dans des vestiges de prairie situés principalement le long de routes.

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Biologie

La gérardie rude est une plante herbacée annuelle dont la floraison commence vers la fin de juillet ou le début d’août et prend fin vers la fin d’août ou le début de septembre. Les grandes fleurs attirent les insectes pollinisateurs, les bourdons et les abeilles, qui assurent la fécondation. Par conséquent, la plante peut produire des graines même si elle est isolée de toute autre plante de la même espèce. Bien que le phénomène n’ait pas été étudié chez la gérardie rude, l’anatomie de ses fleurs semble indiquer qu’elle est capable d’autofécondation, c’est-à-dire de se féconder à l’aide de son propre pollen. Cette caractéristique est importante, compte tenu de la petite taille des populations du Manitoba. En septembre, chaque capsule produit un grand nombre de graines, petites et légères, qui sont probablement dispersées localement par le vent. Il est également possible que certaines graines adhèrent aux pattes des oiseaux ou d’autres animaux. Comme toutes les gérardies, l’espèce est hémiparasite. Elle a donc besoin d’autres plantes à fleurs pour obtenir une partie de ses nutriments. La plante possède des racines spéciales, les haustoriums, qui se fixent à une plante hôte et y puisent de l’eau et des nutriments dissous. On ignore actuellement si l’espèce a une prédilection pour un hôte en particulier.

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Menaces

Au Manitoba, tous les habitats des prairies privilégiés par la gérardie rude ont vu leur superficie réduite par l’expansion de l’agriculture. L’espèce occupe actuellement de petites prairies restantes principalement le long des routes dans le sud de la province. Huit des onze sites canadiens de gérardie rude se trouvent en effet sur des emprises routières qui présentent la bonne combinaison de sol nu et de végétation éparse. Toute perturbation majeure de ces emprises, notamment des travaux d’élargissement de la route ou de rectification de son tracé, mettrait en péril les populations. Le fauchage effectué vers la fin de l’été pendant que les fleurs et les capsules sont présentes pourrait constituer une menace. Des dommages importants, dus à un fauchage tardif, ont été observés sur les capsules des gérardies rudes de la population de Woodlands. L’impact du brûlage sur cette espèce est actuellement inconnu, mais il semble que le brûlage intensif entrepris dans la prairie de Grosse Isle y ait réduit la population de gérardie rude. Le surpâturage pourrait constituer une menace, notamment dans les sites de Poplar Point où l’impact du broutage semble important. Enfin, les populations sont possiblement menacées tout simplement du fait de leur petite taille.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Gérardie rude est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Au Manitoba, la gérardie rude ne bénéficie d’aucune protection provinciale.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la gérardie rude (Agalinis aspera) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la gérardie rude (Agalinis aspera) au Canada (2006)

    La gérardie rude (Agalinis aspera) est une plante à fleurs dicotylédone (à graine possédant deux feuilles embryonnaires) actuellement considérée comme appartenant à la famille des Orobanchacées. Il s’agit d’une plante herbacées annuelle grêle produisant des feuilles étroites, linéaires, rudes, opposées à subopposées. Au Manitoba, la plante ne dépasse pas 35 cm de hauteur et est très peu ramifiée. Les fleurs sont rose vif, réunies en un court racème, portées par des pédicelles minces, mais presque dressés. Sur la plante, seulement une ou deux fleurs sont visibles à la fois, car chaque fleur ne reste ouverte qu’une journée. Le fruit est une capsule ovoïde brun foncé renfermant de nombreuses graines minuscules dont la forme rappelle un losange.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Gérardie rude (2006)

    Une plante herbacée annuelle dont l’aire de répartition géographique est restreinte et qui occupe de petites prairies restantes principalement le long des routes dans le sud du Manitoba. Les quelques petites populations sont menacées notamment par le fauchage en fin de saison, le brûlage, le pâturage excessif et l’expansion des routes.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la gérardie rude (Agalinis aspera) au Canada (2015)

    Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent pour le rétablissement de la gérardie rude et a élaboré le présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. Dans la mesure du possible, le programme de rétablissement a été élaboré en collaboration avec la province dans laquelle l’espèce est présente, en l’occurrence le Manitoba.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2006 (2006)

    Le rapport annuel de 2006 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres: Décembre 2006 (2006)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 16 mars 2007 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 14 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017