Profil d'espèce

Saule à bractées vertes

Nom scientifique : Salix chlorolepis
Autres noms/noms précédents : Salix chlorolepsis
Taxonomie : Plantes vasculaires
Distribution : Québec
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2006
Dernière désignation du COSEPAC : Menacée
Statut de la LEP : Annexe 1, Menacée


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Image de Saule à bractées vertes

Description

Le saule à bractées vertes est un arbuste nain ramifié aux rameaux dressés, mesurant généralement moins de 30 cm de hauteur. Les feuilles, d’une longueur de 2,5 cm, sont en forme d’œuf s’élargissant vers le sommet et possèdent de courtes tiges. Initialement d’un vert bleuâtre mat des deux côtés, leur face supérieure devient verte par la suite. Les chatons sont accompagnés de petites feuilles, les bractées, qui sont de couleur verte, comme l’indique le nom commun de ce saule. La couleur olivacée des bractées est toutefois remplacée par une couleur jaune à fauve une fois la floraison et la libération du pollen terminées. Les chatons du saule à bractées vertes sont dépourvus de poils et persistent durant la maturation du fruit. Ces épis composés de très petites fleurs possèdent de courtes tiges et mesurent de 5 à 13 mm de longueur. Les chatons mâles et femelles sont portés sur des individus différents. Les fleurs mâles possèdent deux petites glandes à leur base. Les fleurs femelles ont un long style, ce prolongement de l’ovaire, qui se divise en deux parties formées de deux lobes allongés. Le fruit consiste en une capsule rouge et lisse de 4 mm de longueur, qui possède une courte tige. Il est possible de confondre cette espèce avec le saule à fruits courts. Ce dernier se distingue toutefois par quelques critères, dont des feuilles densément velues. Le saule à bractées vertes est totalement dépourvu de poils.

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Répartition et population

Le saule à bractées vertes se rencontre uniquement en montagne sur les affleurements rocheux de serpentine, une roche constituée principalement de silicate de magnésium, dans le parc provincial de la Gaspésie, au Québec. Jusqu’à maintenant, le saule à bractées vertes a été répertorié sur les versants du mont Albert. L’espèce n’a été rencontrée dans aucune autre zone de serpentine de l’Amérique du Nord. En 1994, le saule à bractées vertes était connu dans quatre sites à l’intérieur de la vallée du Diable, au sommet du mont Albert. L’inventaire de 2004 a permis de découvrir six nouveaux emplacements sur ce mont, dont plusieurs à l’extérieur de la vallée du Diable. Ces observations ont été regroupées en quatre populations distinctes. On estime qu’environ 300 individus poussent sur le mont Albert. La plupart des sites ne comportent qu’un ou deux individus, certains jusqu’à cinq ou six. Cependant, un site en comporte environ 200. Même si les habitats susceptibles d’accueillir l’espèce sur le mont Albert n’ont pas tous été explorés, on présume que le nombre total d’individus ne dépasserait probablement pas 1 000 individus.

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Habitat

Le saule à bractées vertes croît dans la toundra alpine, un habitat pauvre en végétaux, plus précisément sur les versants rocheux de serpentine du mont Albert, entre les cailloux et les graviers ou sur une mince couche de sol sec ou moyennement humide et très ensoleillé. Historiquement, la présence du saule à bractées vertes a été observée dans les milieux tourbeux sur le plateau du sommet. L’habitat du saule à bractées vertes est fortement associé à l’altitude, qui varie entre 825 m et 1 050 m. Dans les formations rocheuses de serpentine, les concentrations de métaux lourds atteignent des niveaux toxiques pour la majorité des plantes. Dans de telles conditions s'installe une végétation peu diversifiée et clairsemée, composée d'un cortège particulier d'espèces. Sur le mont Albert, le saule à bractées vertes partage le même habitat que d’autres espèces menacées, telles que le polystic des rochers et la minuartie de la serpentine. Dans le parc provincial de la Gaspésie, les perturbations les plus importantes de l’habitat se limitent au piétinement par les randonneurs qui empruntent le Sentier international des Appalaches que l’on trouve sur le mont Albert.

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Biologie

Comme tous les saules, cet arbuste vivace est dioïque, c’est-à-dire qu’il a des fleurs mâles et des fleurs femelles sur des plants distincts. Sa période de floraison se situe entre le début juillet et la mi-août, après le développement des feuilles. La production de fruits débute à la fin juillet et s’étend jusqu’aux premières gelées, au début de septembre. La pollinisation est généralement assurée par les insectes et par le vent, ce qui expliquerait la fréquence relativement élevée d’un hybride résultant du croisement entre cette espèce et le saule à fruits courts. Les graines du saule à bractées vertes portent une touffe de poils soyeux qui assure leur dispersion par le vent. La durée de vie de cet arbuste est inconnue.

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Menaces

Outre le très petit nombre d'individus situés sur un seul sommet de montagne qui rend la situation du saule à bractées vertes particulièrement précaire, la principale menace qui pèse sur cette espèce est le piétinement par les humains. En effet, le plus important site de la population du saule à bractées vertes se trouve dans l’extrémité ouest de la vallée du Diable où il jouxte le Sentier international des Appalaches sur le mont Albert. Les saules y sont très exposés au piétinement, car certains randonneurs prennent des raccourcis pour contourner des obstacles du sentier, entrant ainsi en contact avec les arbustes. À long terme, ces déviations élargissent le sentier, ce qui endommage ou détruit les individus environnants. Les gestionnaires du parc de la Gaspésie tentent de réduire un tel élargissement des sentiers par les randonneurs. Tous les autres sites sont inaccessibles, et aucune menace humaine n’est à prévoir. L'hybridation entre le saule à bractées vertes et le saule à fruits courts est fréquente au mont Albert. Même si plusieurs hybrides ont été observés, l’évaluation du risque d'assimilation au saule à fruits courts nécessite des études supplémentaires. Enfin, la chenille à houppes rousses a été aperçue à quelques reprises sur le saule à bractées vertes, et le feuillage de quelques individus a été gravement affecté. Il est toutefois impossible de connaître pour l’instant l’impact de cet insecte sur la population du saule, mais il semble relativement limité.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Saule à bractées vertes est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Au Québec, le saule à bractées vertes est protégé en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables. De plus, l’unique population de cette espèce se trouve sur un territoire protégé, soit le parc provincial de la Gaspésie.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Unité de planification de la conservation du SCF-Québec

  • Unité du rétablissement des espèces en péril du SCF-QC - Président/Contact -
    Tél. : 1-855-253-6708  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

9 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) au Canada (2006)

    Le saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) est un arbuste nain ramifié aux rameaux érigés, mesurant généralement moins de 30 cm. Les feuilles simples possèdent de courtes tiges et sont initialement recouvertes d’une couche blanche et cireuse des deux côtés, la face supérieure devenant verte par la suite. Elles peuvent atteindre 25 mm de longueur, sont entières, en forme d’œuf et plus larges dans l’apex, devenant glabres en vieillissant. Les bractées des chatons sont glabres, de couleur olivacée et sont persistantes durant la maturation de la capsule. Les chatons possèdent de courtes tiges et mesurent de 5 à 13 mm de longueur. Les fleurs staminées (sur les plants mâles) possèdent deux glandes basales. Les fleurs pistillées (sur les plants femelles) ont un style et un stigmate bifide consistant en deux lobes allongés divergents. Le fruit est une capsule glabre de 4 mm de longueur qui possède une courte tige.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Saule à bractées vertes (2006)

    Un arbuste endémique dont la répartition est limitée aux affleurements de serpentine du mont Albert dans le parc provincial de la Gaspésie (Québec). Le faible nombre d’individus situés sur un seul sommet de montagne sont vulnérables aux événements stochastiques, aux impacts potentiels des chenilles à houppes exotiques et aux effets limités du piétinement des randonneurs le long du Sentier des Appalaches.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) au Canada (2011)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (L.C. 2002, ch. 29) (LEP), les ministères fédéraux compétents sont responsables de l'élaboration des programmes de rétablissement pour les espèces inscrites comme étant disparues du pays, en voie de disparition ou menacées. Le ministre de l’Environnement est le ministre compétent pour le rétablissement du saule à bractées vertes et a élaboré ce programme, conformément à l'article 37 de la LEP. Il a été préparé en collaboration avec le gouvernement du Québec. L’administration du parc national de la Gaspésie a été consultée pendant le développement de ce document.

Plans d'actions

  • Plan d’action pour le saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) au Canada (2015)

    Le présent plan d’action complète le Programme de rétablissement du saule à bractées vertes (Salix chlorolepis) au Canada. (Environnement Canada, 2011). Les mesures de rétablissement proposées visent la mise en œuvre de l’ensemble des stratégies générales et approches du rétablissement établies dans le programme de rétablissement et ce, pour l’ensemble de la population et de la répartition du saule à bractées vertes.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2006 (2006)

    Le rapport annuel de 2006 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres: Décembre 2006 (2006)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 16 mars 2007 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 14 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.