Profil d'espèce

Porte-queue demi-lune

Nom scientifique : Satyrium semiluna
Taxonomie : Arthropodes
Distribution : Colombie-Britannique, Alberta
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2006
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Porte-queue demi-lune

Taxinomie

Il est possible que les deux populations canadiennes appartiennent à des sous-espèces distinctes, mais aucun nom n’a été attribué à ces sous-espèces pour l’instant.

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Description

Le porte-queue demi-lune est un petit papillon d’aspect terne. Les individus des deux populations canadiennes présentent quelques caractéristiques physiques différentes. Notamment, les mâles de la Colombie-Britannique ont une envergure de 30 mm ou plus, et sont visiblement plus gros que les individus de l’Alberta, dont l’envergure est de 25 mm. Principalement brun ou brun noirâtre sur le dessus des ailes et brun grisâtre sur le dessous, avec des quantités variables de taches noires, plus ou moins bordées de blanc, la couleur du porte-queue demi-lune varie selon le sexe, la sous-espèce, l’usure des ailes et l’âge des spécimens conservés dans les musées. Contrairement à de nombreuses espèces de porte-queue, leurs ailes arrière ne portent pas de « queue ». Autant en Alberta qu’en Colombie-Britannique, les femelles sont plus grosses que les mâles, et leur face ventrale est plus pâle et plus grise. Les œufs sont de coloration blanc verdâtre, mais certains sont brun roux, possiblement en raison de l’âge. La chenille de cette espèce présente une coloration de fond vert pâle avec des motifs blanchâtres sur les côtés et une tête brun foncé. L’adulte du porte-queue demi-lune peut être confondu avec le bleu de Boisduval, un papillon apparenté qui vole dans les mêmes régions et à la même période. Les mâles du bleu de Boisduval sont bleus sur le dessus des ailes, et habituellement, les femelles montrent elles aussi un certain fond bleu sur le dessus de leurs ailes.

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Répartition et population

Le porte-queue demi-lune se retrouve de l’extrême-sud de l’intérieur de la Colombie-Britannique jusqu’au centre de la Californie vers le sud et, vers l’est, jusque dans l’est du Wyoming et le nord du Texas. Au Canada, l’espèce, limitée au sud-ouest du pays, est répartie en deux populations isolées. La population de la Colombie-Britannique est connue dans six sites se trouvant dans le sud de la vallée de l’Okanagan, de la frontière canado-américaine jusqu’au lac White vers le nord. Cette population est contiguë aux populations se trouvant dans l’État de Washington. Du côté est des montagnes Rocheuses, l’Alberta a une seule population connue située dans le parc national des Lacs-Waterton. Cette population est isolée des populations états-uniennes connues les plus proches. On a estimé, en 2003, que la population du porte-queue demi-lune de l’Alberta allait de plusieurs milliers à moins de 10 000 adultes. En 2004, seulement 250 adultes ont été observés dans la même population. On ne connaît pas la ou les raisons de cette diminution importante, mais une gelée meurtrière tardive inhabituelle dans la région au printemps 2004 pourrait être en cause. La taille de la population de la Colombie-Britannique est inconnue, mais elle pourrait comprendre de 5 000 à 15 000 adultes, mais il s’agit là d’une estimation très approximative. Les tendances des populations sont inconnues. Il est très peu probable que des papillons en provenance des États-Unis migrent en Alberta, car il n’existe pas d’emplacements connus à proximité. Cependant, une telle immigration est possible dans la population de la Colombie-Britannique. Il existe en effet des populations de ce papillon dans l’État de Washington situées à proximité de la population de cette province.

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Habitat

En Colombie-Britannique, les populations du porte-queue demi-lune se trouvent à des altitudes de 600 à 1 100 m dans un habitat de prairie d’armoise et d’agropyre à épi, où des lupins soyeux sont présents. Les papillons ont été repérés dans des zones où le relief était plutôt estompé en comparaison des zones environnantes plus abruptes. L’unique population de l’Alberta est restreinte à un habitat de prairie contenant des lupins en abondance, à une altitude de 1 300 m dans le parc national des Lacs-Waterton.

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Biologie

Les plantes hôtes de la larve du porte-queue demi-lune au Canada n’ont pas été confirmées, mais on croit que les lupins sont utilisés en raison de l’association entre le papillon et les lupins dans tous les sites connus au pays et de l’utilisation confirmée des lupins comme plante hôte aux États-Unis. Cette espèce produit une ponte par année. Les œufs sont pondus sur les lupins ou dans les feuilles se trouvant à la base des plantes, et c’est sous cette forme que le papillon passe l’hiver. Le développement larvaire a donc lieu au printemps et les adultes émergent tard au printemps ou tôt en été. Les adultes de la population de la Colombie-Britannique ont été observés de la fin de mai au début de juillet et ceux de la population de l’Alberta ont été observés surtout durant les deux dernières semaines du mois de juillet. Dans les deux provinces, les adultes étaient actifs durant la majeure partie de la période d’ensoleillement. L’association probable entre les larves du papillon et les fourmis pourrait être un facteur important dans la biologie de cette espèce. Plusieurs larves de la famille des porte-queue sécrètent un liquide nutritif consommé par les fourmis partenaires. En retour, les fourmis protègent les chenilles des attaques des prédateurs et des parasites. Cette relation d’entraide, appelée « mutualisme », pourrait être déterminante dans la répartition de l’espèce. En effet, elle pourrait définir en partie les besoins en matière d’habitat du papillon, car les fourmis ont des besoins particuliers en matière d’habitat, qui peuvent différer de ceux d’un papillon. Ainsi, l’interaction des deux ensembles de besoins pourrait déterminer le caractère propice d’une région pour le porte-queue demi-lune.

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Menaces

Les deux populations canadiennes de porte-queue demi-lune sont menacées par la perte et la dégradation de l’habitat. En Colombie-Britannique, l’espèce est présente dans une région faisant l’objet de grandes pressions en matière d’aménagement. Ses populations y sont effectivement assujetties à un large éventail d’activités humaines pouvant entraîner leur diminution ou leur disparition. Le pâturage intensif par le bétail constitue un des facteurs les plus menaçants, en particulier sur les terres privées où il n’est pas limité. La conversion des prairies d’armoise à l’agriculture et la perte d’habitat au profit de l’exploitation sont considérées comme d’autres menaces importantes pour ces populations. Par exemple, la superficie de l’habitat à un des sites du col Richter pourrait être réduite à l’avenir par l’agrandissement d’une carrière d’agrégats. De plus, la population humaine croit à un rythme rapide dans la région et devrait continuer de le faire. Parallèlement à cette croissance, les habitations et la construction routière continuent d’empiéter sur l’habitat du papillon sur le mont Anarchist, et l’expansion résidentielle est très certainement une menace grandissante dans la région du sud de l’Okanagan. Enfin, l’habitat naturel est également transformé à des fins de culture intensive, dont la viticulture, qui connaît une expansion rapide dans la région. En Alberta, la population se trouve dans un parc national où les menaces humaines sont limitées. Elle pourrait toutefois être limitée principalement par un enchaînement d’inondations et possiblement par des gelées printanières rigoureuses. Cette population est aussi menacée par l’invasion de la centaurée maculée, une plante envahissante. Si le processus persiste, cet habitat sera directement modifié par la compétition végétale ou par les mesures de lutte contre cette espèce. Les plantes nuisibles envahissantes représentent également une menace en Colombie-Britannique.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Porte-queue demi-lune est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

L’espèce est protégée par la Loi sur les parcs nationaux du Canada, lorsqu’elle se trouve dans le parc national des Lacs-Waterton, en Alberta. En Colombie-Britannique, elle n'est protégée par aucune loi provinciale.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement du porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) au Canada
État d'avancement : Versions finales affichées dans le Registre des espèces en péril

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Équipe de rétablissement

Groupe d'action de rétablissement des invertébrés en péril du sud de l'Okanagan

  • Orville Dyer - Président/Contact - Gouv. de la Colombie Britannique
    Tél. : 250-490-8244  Envoyer un courriel
  • Jennifer Heron - Président/Contact - Gouv. de la Colombie Britannique
    Tél. : 604-222-6759  Téléc. : 604-660-1849  Envoyer un courriel

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) au Canada (2006)

    Le porte queue demi lune (Half moon Hairstreak), nommé d’après son emplacement typique, au ranch Half Moon dans le Wyoming, est un petit papillon porte queue terne de la famille des Lycénidés. Les papillons adultes sont bruns ou brun noirâtre sur la face dorsale des ailes et brun grisâtre sur la face ventrale des ailes, avec des quantités variables de maculation blanche et noire. Il existe deux populations distinctes au Canada, l’une en Colombie Britannique et l’autre en Alberta, et ces entités pourraient représenter des sous espèces différentes.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncés de réaction - Porte-queue demi-lune (2006)

    Cette espèce est distribuée en deux populations isolées dans de petites aires restreintes à l’extrême nord de l’aire de répartition de l’espèce. Il est probable que la population dans son ensemble ait connu un déclin dans le passé à la suite d’une perte d’habitat. Les deux populations sont toujours menacées par la perte et la dégradation de l’habitat. En Colombie-Britannique, l’espèce est présente dans une région faisant l’objet de grandes pressions en matière d’aménagement. En Alberta et en Colombie-Britannique, les plantes nuisibles envahissantes représentent également une grave menace.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement du porte-queue demi lune (Satyrium semiluna) au Canada (2016)

    En vertu de l’Accord pour la protection des espèces en péril (1996), les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont convenu de travailler ensemble pour établir des mesures législatives, des programmes et des politiques visant à assurer la protection des espèces sauvages en péril partout au Canada. Dans l’esprit de collaboration de l’Accord, le gouvernement de la Colombie-Britannique a donné au gouvernement du Canada la permission d’adopter le «Programme de rétablissement du porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) en Colombie Britannique et en Alberta » (partie 2 du présent document), en vertu de l’article 44 de la Loi sur les espèces en péril (LEP). Environnement Canada a inclus une addition à ce programme de rétablissement afin qu’il réponde aux exigences de la LEP.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2006 (2006)

    Le rapport annuel de 2006 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres: Décembre 2006 (2006)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 16 mars 2007 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 14 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Descriptions dans la Gazette du Canada sur l'habitat essentiel

  • Description de l’habitat essentiel du porte-queue demi-lune dans le parc national du Canada des Lacs-Waterton (2016)

    Le porte-queue demi-lune (Satyrium semiluna) est un papillon inscrit à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril en tant qu’espèce en voie de disparition. Au Canada, cet insecte est distribué en deux populations isolées dans de petites aires restreintes à l’extrême nord de l’aire de répartition de l’espèce. La population de l’Alberta habite le cône Blakiston dans le parc national du Canada des Lacs-Waterton.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017