Profil d'espèce

Teigne tricheuse du yucca

Nom scientifique : Tegeticula corruptrix
Taxonomie : Arthropodes
Distribution : Alberta
Dernière évaluation du COSEPAC : mai 2013
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Teigne tricheuse du yucca

Description

La teigne tricheuse du yucca est un petit papillon nocturne blanc d’une envergure de 22,5 à 35,0 mm, les femelles étant légèrement plus grandes que les mâles. Les ailes sont blanches sur le dessus, et principalement brunes en dessous. La tête est couverte d’écailles blanches. Les palpes maxillaires, ces pièces buccales qui servent à attraper et avaler la nourriture, sont dépourvus de tentacules. La longueur des antennes équivaut à environ la moitié de celle des ailes. Le thorax est couvert d’écailles blanches, et les pattes sont de couleur ambre. L’abdomen est chamois sur le dessus, blanc en dessous. Les adultes sont généralement observés à l’intérieur des fleurs de leur plante hôte, le yucca glauque, à la fin de la période de floraison. On les aperçoit aussi sur le feuillage ou les fleurs desséchées. Au Canada, on peut confondre ce petit papillon avec deux autres espèces blanches se rencontrant également à l’intérieur des fleurs de yucca, à savoir la teigne du yucca et la fausse-teigne à cinq points du yucca. La teigne tricheuse du yucca se distingue des deux autres espèces notamment par sa taille relativement supérieure et l’absence de petites taches noires sur ses ailes.

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Répartition et population

La teigne tricheuse du yucca est associée aux yuccas depuis le Mexique et le sud du Texas jusqu’en Alberta, et de la Californie au Nebraska. Au Canada, la seule population viable de cette espèce est établie dans une population de yucca glauque le long de la rivière Lost, à Onefour, dans le sud-est de l’Alberta. Une autre population albertaine est connue le long de la rivière Milk, dans la réserve de pâturage Pinhorn, mais son existence est étayée par l’observation d’un seul individu. Il se peut que l’espèce soit présente dans d’autres petites parcelles transplantées de yucca glauque à proximité de Medicine Hat, en Alberta, et de Fox Valley, en Saskatchewan, ou dans les quelques plants transplantés et poussant près de Rockglen, en Saskatchewan. Les effectifs de la teigne tricheuse du yucca fluctuent considérablement d’une année et d’une population à l’autre, et le dénombrement des adultes soulève des difficultés importantes. À Onefour, l’insuffisance des indices de l’activité de la teigne de 1999 à 2003 n’a pas permis d’évaluer le déclin de la population ou ses fluctuations d’abondance. À Pinhorn, un seul individu a été observé entre 1998 et 2003. Cette population, qui semble disparue, a sans doute souffert des épisodes répétés de broutage par le cerf-mulet. La survie de la teigne tricheuse dépend entièrement de l’association obligatoire qui existe entre sa plante hôte et son pollinisateur, la teigne du yucca. La teigne tricheuse a besoin des fruits du yucca glauque pour se reproduire et se nourrir à l’état larvaire. En conséquence, les facteurs qui influent sur la survie de l’une ou l’autre de ces deux espèces ont automatiquement une incidence sur celle de la teigne tricheuse.

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Habitat

Au Canada, les populations du yucca glauque habitées par la teigne tricheuse du yucca occupent des pentes bien drainées, exposées au sud, protégées des vents dominants et recouvertes d’une végétation clairsemée. En général, ces pentes abritent aussi des populations clairsemées d’oponces à épines nombreuses et d’armoises argentées. Cet habitat est confiné à une région sèche caractérisée par d’importantes fluctuations journalières et saisonnières des températures, des précipitations faibles, des étés chauds et un taux d’évaporation amplifié par la présence soutenue de forts vents. Au pays, la teigne tricheuse du yucca pond ses œufs et se nourrit à l’état larvaire exclusivement sur le yucca glauque. Aux États-Unis, elle utilise le yucca glauque et plusieurs autres espèces de yuccas comme plantes hôtes.

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Biologie

Contrairement à la teigne du yucca, la teigne tricheuse du yucca n’intervient pas dans la pollinisation de sa plante hôte, mais elle est un prédateur obligatoire de ses graines, d’où le terme « tricheuse ». Les femelles de ce papillon nocturne déposent leurs œufs uniquement dans les fruits du yucca glauque en début de développement, et les chenilles se nourrissent exclusivement des graines. À la fin de l’été, les chenilles émergent du fruit à l’intérieur duquel elles se sont développées, s’enfoncent dans le sol où elles se tissent un cocon et entrent en diapause. Elles peuvent demeurer dans cet état de dormance pendant plusieurs années avant d’émerger du sol à l’état adulte. En Alberta, les adultes émergent du début de juillet jusqu’en septembre. À la nuit tombée, ils se rassemblent et s’accouplent dans les dernières fleurs à s’ouvrir ou sur les tiges et les feuilles de la plante hôte. Enfin, la survie de la teigne tricheuse du yucca dépend de la relation d’entraide obligatoire, appelée « mutualisme », qui existe entre le yucca glauque et la teigne du yucca. Sans l’aide de ce papillon pour polliniser ses fleurs, le yucca ne peut produire de fruits. Comme la teigne tricheuse dépend des fruits du yucca pour pondre ses œufs et se nourrir à l’état larvaire, l’interaction bénéfique entre sa plante hôte et son pollinisateur doit s’exercer pour qu’elle puisse se reproduire.

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Menaces

L’abondance de la teigne tricheuse du yucca est limitée par le nombre de fruits et de graines produits. En conséquence, tout facteur qui menace la plante hôte ou son pollinisateur, la teigne du yucca, a également des effets négatifs pour ce papillon. La principale menace qui pèse sur la teigne tricheuse du yucca provient de l’ampleur des dommages infligés au yucca glauque par le cerf-mulet et l’antilope d’Amérique. En dévorant les fleurs et les fruits du yucca, ces herbivores réduisent la production de fruits et, en conséquence, de graines, réduisant ainsi considérablement les chances de se reproduire du yucca glauque, de la teigne du yucca et de la teigne tricheuse du yucca. En plus de réduire le nombre de sites de ponte disponibles, le broutage des fleurs et des fruits entraîne la mort des chenilles présentes dans les fruits broutés. En outre, tous les œufs des teignes présents dans les fleurs ou les fruits qui sont consommés sont détruits. Des épisodes répétés de broutage intensif sont probablement à l’origine de la quasi-disparition de la teigne du yucca dans la réserve de Pinhorn. Parmi les autres facteurs qui représentent une menace pour la teigne tricheuse du yucca, mentionnons aussi la circulation des véhicules hors route détruisant sa plante hôte et la collecte de plants de yucca à des fins horticoles ou médicinales.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Teigne tricheuse du yucca est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Alberta, la teigne tricheuse du yucca n’est protégée par aucune loi provinciale.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

11 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Teigne tricheuse du yucca (2013)

    Seulement deux populations de la teigne tricheuse du yucca sont connues, et on les retrouve dans un secteur extrêmement petit et restreint. Un site comporte une petite population qui est soumise à des fluctuations, alors qu’un seul individu adulte a été observé entre 1998 et 2011 à l’autre site. Cette espèce de papillon nocturne est un parasite obligatoire de graines, la chenille se nourrissant des graines de yucca glauque. Elle dépend d’une relation mutualiste entre le yucca glauque et son pollinisateur, la teigne du yucca, car la chenille de la teigne tricheuse du yucca a besoin de la production de fruit. La perte de fleurs ou de graines résultant de l’herbivorie par les ongulés est une menace continue, et à long terme les populations de yucca glauque pourraient être limitées par l’absence de feux et autres perturbations qui fournissent des sites d’établissement pour les plantules.
  • Énoncés de réaction - Teigne tricheuse du yucca (2006)

    On ne retrouve qu’une seule population viable de cette teigne très spécialisée au Canada, dans une très petite zone limitée, isolée de l’aire principale de l’espèce aux États-Unis. Une deuxième population isolée est sur le point de disparaître ou est déjà disparue. La teigne est entièrement dépendante de la relation mutualiste obligatoire entre sa plante hôte (le yucca glauque), laquelle est « menacée », et le pollinisateur de celle-ci (la teigne du yucca), qui est « en voie de disparition ». L’espèce est menacée par le haut taux d’herbivorie des ongulés sauvages, lequel, au cours de certaines années, réduit considérablement le recrutement de la teigne, de sa plante hôte et du pollinisateur de celle-ci. L’espèce est également menacée par les véhicules tout-terrains qui détruisent la plante hôte.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2007) (2007)

    Le Décret accuse réception par la gouverneure en conseil des évaluations de la situation de 40 espèces sauvages effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l'alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril (LEP). La LEP vise à prévenir la disparition — de la planète ou du Canada seulement — des espèces sauvages, à permettre le rétablissement de celles qui, par suite de l'activité humaine, ont disparu du pays, sont en voie de disparition ou menacées, et à favoriser la gestion des espèces préoccupantes pour éviter qu'elles ne deviennent des espèces en voie de disparition ou menacées.
  • Décret modifiant l'annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2007)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2006 (2006)

    Le rapport annuel de 2006 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC – 2012-2013 (2013)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (octobre 2012 à septembre 2013), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 25 au 30 novembre 2012, et la deuxième, du 28 avril au 3 mai 2013. Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 73 espèces sauvages. Les résultats de l’évaluation des espèces sauvages pour la période de déclaration 2012-2013 sont les suivants : Disparues : 0 Disparues du pays : 2 En voie de disparition : 28 Menacées : 19 Préoccupantes : 19 Données insuffisantes : 4 Non en péril : 1 Total : 73 Sur les 73 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 50 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 26 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril Espèces terrestres: Décembre 2006 (2006)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles. Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 16 mars 2007 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 14 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 17 mars 2017