Profil d'espèce

Milandre

Nom scientifique : Galeorhinus galeus
Taxonomie : Poissons
Distribution : Océan Pacifique
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2007
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Image de Milandre

Description

Le milandre, aussi appelé requin-hâ ou requin à grands ailerons, est un requin de la côte du Pacifique. Il constitue l'une des 39 espèces qui composent la famille des Triakidés et il est le seul requin de cette famille à se trouver au large de la côte du Pacifique. Sa couleur est d’un gris bleuâtre foncé sur le dos et blanchâtre sur le ventre. Selon des études effectuées en Australie et en Nouvelle-Zélande, le milandre a une croissance lente et il peut atteindre un âge maximal d’environ 45 ans. Les femelles atteignent la maturité entre 13 et 15 ans, et les mâles, entre 12 et 17 ans. Dans l'est du Pacifique, les femelles atteignent la maturité à une longueur totale de 150 cm et les mâles, à une longueur de 135 cm; dans la partie nord-est du Pacifique, la longueur maximale est de 195 cm pour les femelles et de 175 cm pour les mâles.

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Répartition et population

Le milandre est très répandu dans le monde, habitant les mers tempérées et subtropicales entre les latitudes 68°N et 55°S. On présume que les milandres qui fréquentent les eaux canadiennes font partie d’une grande population très migratrice, qui se déplace au nord durant l’été et au sud, dans des eaux plus profondes, durant l’hiver. Dans l'est du Pacifique, on les trouve depuis le nord de la Colombie-Britannique (aucune mention en Alaska) jusqu'au golfe de Californie, ainsi qu'au large du Pérou et du Chili. Même si aujourd’hui on aperçoit rarement le milandre dans les eaux canadiennes, il a été observé sur le plateau continental, le long de l’Île de Vancouver, dans le détroit de la Reine-Charlotte et dans le détroit d'Hécate. On trouve le milandre dans le sud-ouest de l’océan Pacifique, au large de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande, dans l'ouest de l'Atlantique, du sud du Brésil à l'Argentine, dans l'est de l'Atlantique, de l'Islande à l'Afrique du Sud, y compris dans la mer Méditerranée, et dans l'ouest de l'océan Indien, au large de l'Afrique du Sud.

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Habitat

Préférant les eaux tempérées du plateau continental, le milandre évolue depuis la bordure du rivage, notamment dans les baies peu profondes, vers le large à des profondeurs pouvant aller jusqu’à 417 m. On croit généralement que les milandres se tiennent près du fond. Les nouveau-nés et les juvéniles fréquentent des habitats côtiers peu profonds pendant un ou deux ans avant de se déplacer vers le large.

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Biologie

On en sait bien peu sur le comportement reproducteur du milandre. La durée de son cycle de reproduction serait de un à trois ans, et la période de gestation, de un an. Le milandre est ovovivipare, ce qui signifie que le femelle produit des œufs qui demeurent dans son corps jusqu’à ce qu’ils soient prêts à éclore; le milandre naît donc à l’état de jeune requin. Les femelles portent de 6 à 52 petits qui naissent entre mars et juillet. Ils mesurent alors en moyenne de 35 à 37 cm de long. Des études de marquage portent à croire que le milandre peut parcourir de longues distances sur une courte période de temps. Toutefois, on comprend peu ses habitudes migratoires dans le nord-est du Pacifique. Le milandre est un prédateur opportuniste qui se nourrit de plusieurs espèces de poissons. La diète de ce dernier varie de façon considérable selon la saison et la taille. Il constitue une proie pour d’autres espèces de requins, notamment le requin blanc, le requin plat-nez et peut-être aussi pour certains mammifères marins.

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Menaces

Le foie du milandre contient une plus forte concentration de vitamine A que celui de n’importe quelle autre espèce de poisson du nord-est du Pacifique. Durant la Seconde Guerre mondiale, la demande de vitamine A a conduit à une importante pêche du milandre qui s’est rapidement effondrée en raison d’une surexploitation. Au total, environ 840 000 milandres pourraient avoir été capturés dans le nord-est du Pacifique, dont environ 50 000 ont été débarqués dans des ports canadiens. On ignore cependant le nombre de ces prises qui ont été faites dans les eaux canadiennes. À l’échelle mondiale, c’est la pêche qui représente la seule menace réelle pour les populations de milandres. Il n’existe plus de pêche dirigée du milandre dans les eaux canadiennes du Pacifique, mais cette espèce continue d’être l’objet de prises accessoires au Canada et aux États-Unis et elle demeure la cible de petites pêches commerciales et sportives aux États-Unis.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

L'Union mondiale pour la nature (UICN) désigne le milandre comme une espèce vulnérable à l’échelle mondiale en raison de l’effondrement de ses stocks dans le nord-est du Pacifique et de la réduction de sa population mondiale depuis 60 à 75 ans. Sur la côte canadienne du Pacifique, il est interdit de conserver les requins capturés dans le cadre d’une pêche avec ligne et hameçons, sauf l’aiguillat commun ou « chien de mer ». Le milandre bénéficie donc d’une certaine protection grâce à ce règlement.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

8 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Milandre (2007)

    On croit que cette espèce de requin de la côte du Pacifique migre intensivement dans l'ensemble de son aire de répartition, entre le détroit d'Hecate, en Colombie-Britannique, et le golfe de la Californie. Il n’existe aucune indication que l'espèce a des populations distinctes, donc, pour les besoins de la présente évaluation, elle est considérée comme une seule population. Ce requin se nourrit principalement de poissons. Au Canada, il occupe les eaux du plateau continental entre l'ouest de l'île de Vancouver et le détroit d'Hecate. Il atteint une longueur maximale de moins de deux mètres, il atteint la maturité vers l’âge de 12 à 17 ans, sa longévité est d'au moins 45 ans, et la durée de génération est de 23 ans. L'espèce est reconnue pour sa forte concentration en vitamine A dans le foie, qui dépasse celle de tout autre poisson du nord-est du Pacifique. La demande en vitamine A durant la Seconde Guerre mondiale a donné lieu à une pêche importante qui s'est rapidement effondrée à cause de la surexploitation. Plus de 800 000 individus, principalement de grands adultes, ont été pêchés pour leur foie de 1937 à 1949 dans l'ensemble de l'aire de migration de l'espèce. L’espèce est rarement observée de nos jours dans les eaux canadiennes. Elle ne fait l’objet d’aucune pêche commerciale au Canada, mais des individus sont encore pris de façon accessoire au Canada et aux États-Unis, et elle demeure une espèce ciblée par les petites pêches commerciales et récréatives aux États-Unis. Étant donné qu’il n’existe aucune estimation de la population pour cette espèce, la durabilité des niveaux de prises actuelles ne peut être évaluée. La mortalité continue causée par les pêches, l’absence d’un plan de gestion pour les prises accessoires au Canada et la longue durée de génération ainsi que la faible fécondité de l’espèce soulèvent des préoccupations.

Plans d'actions

  • Plan d'action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (2016)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas satisfait à l’article 47 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), qui exige l’élaboration d’un plan d’action pour les espèces présentes à l’intérieur des limites de ce site nécessitant un plan d’action. Ce plan d’action sera mis à jour afin d’inclure toutes les mesures de conservation et de rétablissement des espèces marines en péril après l’achèvement du premier plan directeur intégré pour la terre, la mer et les gens concernant la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation, et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (ci­après appelé Gwaii Haanas). Les mesures décrites dans ce plan profiteront également à d’autres espèces avec des préoccupations de conservation, qui sont régulièrement présentes sur le site.

Plans de gestion

  • Plan de gestion du requin griset (Hexanchus griseus) et du milandre (Galeorhinus galeus) au Canada (2012)

    Le requin griset (Hexanchus griseus) et le milandre (Galeorhinus galeus) sont deux poissons marins qui ont été inscrits en tant qu’« espèces préoccupantes » à la liste de la Loi sur les espèces en péril (LEP) en mars 2009. Cette inscription faisait suite à la désignation des deux espèces comme étant « préoccupantes » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en 2007. Le requin griset est un prédateur opportuniste largement réparti dans les mers tempérées et tropicales autour du globe. Il fréquente vraisemblablement une vaste fourchette de profondeurs (de la surface à 2500 m) dans l’ensemble des eaux canadiennes du Pacifique, y compris les bras de mer, les eaux du plateau et du talus continentaux ainsi que le détroit de Georgia. On estime que l’âge à la maturité se situe entre 11 et 14 ans chez le mâle et entre 18 et 35 ans chez la femelle, et que la longévité peut atteindre 80 ans. La longueur maximale est de 350 cm chez le mâle et de 480 cm chez la femelle. On ignore quelle est l’abondance actuelle de l’espèce dans les eaux canadiennes du Pacifique.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 (2007)

    Le rapport annuel de 2007 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.