Profil d'espèce

Scinque pentaligne Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent

Nom scientifique : Plestiodon fasciatus
Taxonomie : Reptiles
Distribution : Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2007
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


Recherche avancée

Espèces apparentées

Espèce Statut
COSEPAC
Statut
sous la
LEP
Scinque pentaligne Non active Préoccupante

Liens rapides : | Description | Habitat | Biologie | Menaces | Protection | Programme national de rétablissement | Documents

Image de Scinque pentaligne

Description

Le scinque pentaligne est un petit lézard à la peau lisse et brillante. Il est le seul lézard qu’on rencontre dans l’est du Canada. L’espèce est discrète et de petite taille, les plus grands individus ne dépassant pas 9 cm de longueur, sans la queue. En Ontario, les mâles sont légèrement plus grands que les femelles. Les jeunes scinques ont le corps vert noir marqué de cinq rayures de couleur crème, d’où leur nom commun. Ils sont aussi dotés d’une queue d’un bleu éclatant, caractère distinctif de l’espèce. La couleur du corps change avec le temps et devient uniformément bronze chez les deux sexes, les femelles conservant toutefois un peu plus la coloration des jeunes que les mâles. Durant la période de reproduction, les mâles adultes acquièrent une coloration orange autour des mâchoires. Certaines femelles peuvent aussi avoir du rose sur la gorge.

Haut de la page

Répartition et population

Le scinque pentaligne se rencontre dans les forêts de feuillus de l’est de l’Amérique du Nord, depuis les côtes de l’Atlantique jusqu’au Texas et au Minnesota, puis du sud de l’Ontario jusqu’au golfe du Mexique. Au Canada, l’espèce est confinée à deux régions distinctes situées dans le sud de l’Ontario. L’Ontario abrite deux populations connues de scinques pentalignes : la population carolinienne, concentrée près des lacs Érié, Sainte-Claire et Huron, dans le sud-ouest de la province, et la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, répartie le long de la marge sud du Bouclier canadien, depuis la Baie Georgienne jusqu’au comté de Leeds et de Grenville, dans le centre-sud. Il est très difficile d’estimer précisément l’effectif de ces populations, les lézards passant la majeure partie de la journée cachés. De 1995 à 2004, environ 84 populations ont été signalées dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent, et le nombre d’individus reproducteurs a été estimé à 22 300 au total. Il semble que le nombre de populations existant dans cette région fluctue au cours des années. Avant 1984, 71 populations y étaient répertoriées. De 1984 à 1994, le nombre de populations est passé à 115, et de 1995 à 2004, il est retombé à 84.

Haut de la page

Habitat

L’habitat du scinque pentaligne varie d’une région à l’autre et comprend des affleurements rocheux, des dunes, des champs et des forêts de feuillus. L’espèce est généralement associée aux milieux assez clairs pour que les rayons du soleil parviennent jusqu’au sol. Dans la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, l’habitat du scinque est caractérisé par des grands affleurements rocheux dans des champs ou dans des forêts de feuillus et de conifères. Les petits lézards occupent surtout des endroits rocheux, dégagés et bien drainés, où ils s’abritent principalement sous des roches. La présence de microhabitats appropriés est d’une importance capitale pour ces reptiles qui se réfugient constamment sous divers abris au cours de leurs brèves excursions en quête de nourriture. Des objets pouvant leur servir de couvert sont essentiels pour se protéger des températures extrêmes ou de la sécheresse. Comme le scinque pentaligne est sensible à la déshydratation, son habitat comprend nécessairement un plan d’eau permanent.

Haut de la page

Biologie

En Ontario, les scinques pentalignes hibernent souvent en petits groupes sous des troncs d’arbres, sous des roches et à l’intérieur de souches et de bois en décomposition. La saison d’activité de ces lézards s’étend de la mi-avril à la fin septembre ou au début octobre. Le scinque pentaligne est un chasseur actif qui se nourrit principalement d’insectes et d’autres invertébrés. Les scinques pentalignes atteignent la maturité sexuelle à l’âge de 21 mois, soit après leur deuxième hibernation. Bien que l’espèce ne soit pas territoriale, les mâles se montrent souvent agressifs entre eux durant la période de reproduction. Quelques semaines après l’accouplement, la femelle se met à la recherche d’un site de nidification approprié, qu’elle partage souvent avec d’autres femelles. Chez les populations des Grands Lacs et du Saint-Laurent, la femelle aménage son nid la plupart du temps sous une roche. Elle y dépose 9 ou 10 œufs qu’elle couve jusqu’au moment de l’éclosion qui se produit de la fin juillet au début août. La femelle ne laisse jamais son nid sans surveillance. Elle le défend contre les prédateurs, notamment des couleuvres, des petits mammifères et des oiseaux. Les chats et les chiens attaquent également les scinques pentalignes. La couleur bleu vif de la queue attire l’attention des prédateurs. Souvent, lorsqu’un individu est attaqué, sa queue se détache et continue de s’agiter durant quelques minutes, ce qui distrait le prédateur et donne au scinque le temps de s’enfuir. Sa queue peut éventuellement se régénérer. Environ un individu par ponte survit jusqu’à l’âge de reproduction. Les scinques pentalignes vivent en moyenne jusqu’à l’âge de 5 ans.

Haut de la page

Menaces

L’espèce est menacée en Ontario par la destruction, la fragmentation et la dégradation de son habitat causées par l’accroissement de la population humaine et l’augmentation des activités de loisir. Les dommages causés par les véhicules tout terrain et les motos auraient entraîné le déclin d’une population du Bouclier canadien. La modification des microhabitats, comme les roches et les débris végétaux, constitue une autre menace importante. Le scinque pentaligne étant fortement associé à des éléments particuliers du milieu pouvant lui servir d’abris, la destruction ou la dégradation de ces microhabitats peut entraîner un déclin de la population. Chez la population des Grands lacs et du Saint-Laurent, la majeure partie de la végétation entourant les affleurements rocheux a disparu, laissant le sable dénudé, et les fragments de roche détachés du sol et servant de couvert à l’espèce ont été enlevés afin qu’ils ne gênent pas la circulation. La capture illégale de ces petits lézards pour être vendus comme animaux de compagnie, pourrait menacer la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, mais on ignore dans quelle mesure. Enfin, les chiens, les chats, les ratons laveurs et la circulation routière causent également la mortalité des scinques pentalignes.

Haut de la page

Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Ontario, le scinque pentaligne bénéficie d’une protection particulière en vertu de la Loi sur la protection du poisson et de la faune. De plus, environ 30 % des populations actuelles (répertoriées ou confirmées depuis 1995) de la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent se trouvent sur des terres fédérales ou provinciales, bénéficiant ainsi d’une certaine protection. L’espèce se trouve aussi dans le parc national des Îles-de-la-Baie-Georgienne et dans le parc national des Îles-du-Saint-Laurent, où elle est protégée en vertu de la Loi sur les parcs nationaux.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

Haut de la page

Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur le scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) au Canada - Mise à jour (2007)

    Le scinque pentaligne (Eumeces fasciatus) est le seul lézard qu’on rencontre dans l’est du Canada. L’espèce est discrète et de petite taille, les plus grands individus ne dépassant pas 86 mm de longueur, mesurée du museau au cloaque. Les juvéniles ont le corps noir marqué de cinq rayures de couleur crème et, caractère le plus distinctif de l’espèce, la queue bleu vif. La couleur change avec le temps chez les deux sexes, les femelles conservant toutefois un peu plus leur coloration juvénile que les mâles. Durant la période de reproduction, les mâles adultes acquièrent une coloration orange dans la région des mâchoires et du menton. Les écailles ne sont pas carénées, de sorte que la peau a un aspect lisse et brillant.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Scinque pentaligne, Population des Grands Lacs et du Saint-Laurent (2007)

    Il s’agit de la seule espèce de lézard dans l’est du Canada. Elle est petite et discrète et se trouve dans environ 84 populations locales, mais sa répartition géographique est petite. Les menaces qui pèsent sur cette espèce comprennent la perte et la dégradation de l’habitat, la modification du microhabitat, la capture illégale, la déprédation accrue par les chats et les chiens, ainsi qu’une mortalité accrue sur les routes. L’augmentation du développement dans l’aire de répartition de l’espèce fera en sorte que les populations seront davantage isolées et plus vulnérables aux événements stochastiques dans les petits sites.

Plans d'actions

  • Plan d'action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne (2016)

    Le parc national du Canada des Îles-de-la-Baie-Georgienne (PNIBG) est situé dans le sud-est de la baie Georgienne, au cœur de la région de villégiature de l'Ontario. La baie Georgienne abrite, avec ses 30 000 îles, le plus important archipel en eau douce au monde, le parc en constituant la porte d'entrée méridionale. Composé de 63 îles et récifs dispersés sur une superficie totale d'environ 14 km2, il s'étend sur 50 km, depuis l'archipel Centennial au sud jusqu'à l'île McQuade au nord. Situé à seulement 150 km de la région du Grand Toronto (RGT), le PNIBG est accessible en voiture, en moins d'une demi-journée, pour des millions de personnes au Canada. Créé en 1929, il s'agit du plus petit parc national canadien. Il chevauche deux régions naturelles et représente une aire protégée centrale de la réserve de la biosphère de la baie Georgienne. Le parc se trouve à la limite du Bouclier canadien et abrite une faune et une flore aussi bien méridionales que septentrionales. Les îles sont réputées pour la variété de reptiles et d'amphibiens qui les peuplent. Occupé de façon continue depuis plus de 5 500 ans, le parc est également doté d'une importante valeur culturelle. La préservation et le rétablissement de l'intégrité écologique constituent la première priorité des parcs nationaux, en vertu du paragraphe 8(2) de la Loi sur les parcs nationaux du Canada. Les espèces en péril, leurs résidences et leur habitat sont ainsi protégés par les règlements existants et les régimes de gestion des parcs nationaux. De plus, les interdictions de la Loi sur les espèces en péril (LEP) protégeant les individus et leurs résidences s'appliquent automatiquement lorsqu'une espèce est inscrite à la LEP, et toutes les parcelles d'habitat essentiel présentes dans les parcs nationaux et les lieux historiques nationaux doivent recevoir une protection juridique dans les 180 jours suivant leur désignation.
  • Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada des Mille-Îles (2016)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans le parc national du Canada des Mille–Îles est un plan d’action établi en vertu de la Loi sur les espèces en péril (art. 47 de la LEP) pour quatre espèces : carmantine d’Amérique (Justicia americana), noyer cendré (Juglans cinerea), airelle à longues étamines (Vaccinium stamineum) et méné camus (Notropis anogenus). Le plan porte aussi sur les mesures de surveillance et de gestion de 30 autres espèces préoccupantes sur le plan de la conservation qui se trouvent périodiquement dans le parc. Ce plan n’est applicable que dans les terres et les eaux situées à l’intérieur des limites du parc national du Canada des Mille–Îles.

Plans de gestion

  • Plan de gestion du scinque pentaligne (Plestiodon fasciatus), population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, au Canada (2013)

    La population des Grands Lacs et du Saint-Laurent du scinque pentaligne a été inscrite à l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (LEP) comme « espèce préoccupante » en 2009. Le ministre de l’Environnement et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP de la population des Grands Lacs et du Saint-Laurent du scinque pentaligne. Ce dernier a élaboré le présent plan conformément à l’article 65 de la LEP. Le plan a été préparé en collaboration avec la province de l’Ontario.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2008)

    Par ce décret, la gouverneure en conseil accuse réception des évaluations de la situation de 30 espèces effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l’alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2009)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2012)

    L’objet du Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril est d’ajouter 18 espèces à l’annexe 1, la Liste des espèces en péril (la Liste), et de changer la classification de 7 espèces inscrites, aux termes du paragraphe 27(1) de la LEP. Cette modification est proposée à la suite de la recommandation du ministre de l’Environnement à la lumière d’évaluations scientifiques qu’a faites le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), et à la suite de consultations tenues auprès des gouvernements, des peuples autochtones, des intervenants et du public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 (2007)

    Le rapport annuel de 2007 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultations sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril - Espèces terrestres (2008)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 25 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 27 mars 2009 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.