Profil d'espèce

Esturgeon vert

Nom scientifique : Acipenser medirostris
Taxonomie : Poissons
Distribution : Colombie-Britannique, Océan Pacifique
Dernière évaluation du COSEPAC : novembre 2013
Dernière désignation du COSEPAC : Préoccupante
Statut de la LEP : Annexe 1, Préoccupante


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Esturgeon vert Photo 1

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Description

L'esturgeon vert présente un corps arrondi, de petits yeux, un museau pointu et une bouche ventrale édentée avec des barbillons sensoriels. Les nageoires dorsales et pelviennes sont situées vers la nageoire caudale (queue), qui est essentiellement pointue. Les nageoires pectorales sont larges et arrondies. La couleur du corps et de la partie supérieure de la tête varie de vert foncé à vert olive, tandis que celle de la partie inférieure du corps est plutôt vert pâle. La surface ventrale est de couleur blanche, avec une bande vert olive foncé qui s'étend jusqu'au milieu du ventre, et qui s'arrête le plus souvent après les nageoires pectorales. La couleur des nageoires pectorales varie du gris sombre au vert pâle. Les esturgeons diffèrent des autres poissons osseux, car ils présentent un squelette cartilagineux et ne contiennent aucun os, et de larges plaques osseuses (scutelles) au lieu d'écailles. L'esturgeon vert devrait vivre jusqu'à 60 – 70 ans, et atteindre une taille maximale de 2,1 mètres et un poids maximal de 159 kilogrammes. En général, les mâles atteignent la maturité à 15 ans, tandis que les femelles l'atteignent à 17 ans. L'esturgeon vert est une espèce anadrome, ce qui veut dire qu'elle retourne dans l'eau douce pour se reproduire. La période de frai devrait se produire tous les deux à cinq ans, et les femelles produisent de 60 000 à 140 000 œufs. Les juvéniles restent plusieurs années dans les rivières et les estuaires avant de se disperser largement dans le milieu marin. En Amérique du Nord, l'aire de répartition de l'esturgeon vert chevauche celle de l'esturgeon blanc, qui a habituellement la même apparence, mais une taille différente. Un esturgeon blanc adulte mesure 6,1 mètres et pèse 816 kilogrammes au maximum, ce qui dépasse largement les caractéristiques de l'esturgeon vert.

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Répartition et population

On trouve l'esturgeon vert le long de la côte ouest d'Amérique du Nord, du Mexique jusqu'au sud-est de l'Alaska. Au Canada, son aire de répartition comprend toute la côte de la Colombie-Britannique, car elle se trouve sur le parcours de migration océanique vers le nord des espèces se trouvant le long de la côte Pacifique d'Amérique du Nord. Il existe très peu de renseignements sur la taille de la population canadienne de l'esturgeon vert, et les tendances portant sur ces populations sont inconnues.

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Habitat

On trouve l'esturgeon vert le long de la côte ouest d'Amérique du Nord, du Mexique jusqu'au sud-est de l'Alaska. Au Canada, son aire de répartition comprend toute la côte de la Colombie-Britannique, car elle se trouve sur le parcours de migration océanique vers le nord des espèces se trouvant le long de la côte Pacifique d'Amérique du Nord. Il existe très peu de renseignements sur la taille de la population canadienne de l'esturgeon vert, et les tendances portant sur ces populations sont inconnues. D'habitude, on trouve l'esturgeon vert dans l'eau de mer, mais il occupe l'eau douce pendant la période de frai. Aux États-Unis, le frai se déroule principalement dans trois rivières. Au Canada, on trouve rarement l'esturgeon vert dans l'eau douce, mais cette espèce est présente dans les eaux saumâtres se trouvant à l'embouchure des grandes rivières; les esturgeons verts adultes et subadultes se regroupent dans les estuaires non natals des baies côtières pendant plusieurs mois, pendant la phase marine de leur cycle de vie. Les raisons de ce regroupement ne sont pas connues. Cependant, il a été suggéré que cette période ne correspond pas à la phase d'alimentation, et que le regroupement est plutôt lié aux besoins physiologiques en relation avec la température. Des études récentes ont révélé de grandes concentrations d'esturgeon vert près de la péninsule Brooks, à l'ouest de l'île de Vancouver, de mai à juin et d'octobre à novembre, ce qui laisse entendre qu'il existe probablement un habitat d'hivernage au nord de l'île de Vancouver et au sud du cap Spencer, en Alaska.

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Biologie

Il existe peu de renseignements sur la biologie générale de l'esturgeon vert. L'esturgeon vert est une espèce anadrome, mais passe la majeure partie du temps dans le milieu marin. Il s'agit d'une espèce à grande longévité, connue pour atteindre une longévité de 42 ans. Cependant, il est possible que l'esturgeon vert puisse vivre jusqu'à 60 – 70 ans. Même si aucun frai n'a été observé dans les eaux canadiennes, on sait que les adultes matures remontent les rivières pour frayer de mars à juillet. Au fur et à mesure qu'ils grandissent, les juvéniles descendent la rivière et se dirigent vers les estuaires au cours de la première année et demie de leur cycle vital, pour y rester un ou deux ans. La migration vers les eaux marines survient de deux ans et demi à trois ans et demi. Les mâles consacrent 3 à 9 années en mer, tandis que les femelles consacrent 3 à 15 années en mer avant de retourner dans l'eau douce pour frayer. L'esturgeon vert atteint la maturité sexuelle de 14 à 20 ans, et se reproduit tous les deux à cinq ans. Les femelles peuvent pondre de 60 000 à 140 000 grands œufs, et atteignent leur fécondité maximale à 24 ans.

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Menaces

Bien qu'il n'existe actuellement aucune pêche commerciale et récréative dirigée pour cette espèce, l'esturgeon vert est pêché accidentellement par les pêches commerciales au poisson de fond au chalut, les pêches commerciales et autochtones au saumon au filet maillant et à la senne de plage et, enfin, les pêches récréatives. De plus, la perte de l'habitat peut avoir des répercussions sur l'esturgeon vert, bien que l'étendue des effets sur ces populations soit inconnue. De plus, l'esturgeon vert est susceptible d'être exposé aux toxines bioaccumulables persistantes pendant ses phases dans l'eau douce et les estuaires, et l'espèce est vulnérable aux effets chroniques et aigus de la bioaccumulation en raison de sa durée de vie importante. Même si les niveaux de contaminants n'ont pas été mesurés chez l'esturgeon vert, on a conclu que l'esturgeon blanc contient de grandes concentrations de contaminants. Dans l'ensemble, la menace que pose la mortalité accidentelle liée aux prises accessoires est plus importante que celle posée par la destruction de l'habitat et la pollution. Cependant, cette menace devrait être plus faible au Canada. Les principales menaces pour l'esturgeon vert devraient être plus importantes dans son aire de répartition aux États-Unis, où l'on trouve l'habitat pour le frai et l'élevage de l'esturgeon vert. Ces menaces comprennent les effets éventuels des barrages, digues et autres activités industrielles sur l'habitat dulcicole, touchant la disponibilité et la durabilité des habitats pour la reproduction et l'élevage.

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Protection

Protection fédérale

De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

Un plan de gestion de l'esturgeon vert au Canada en vertu de la LEP est actuellement en cours d'élaboration. Ce plan de gestion met l'accent sur les objectifs et les stratégies de gestion visant le maintien de niveaux de population durables pour cette espèce. De plus, en vertu du Règlement de pêche sportive de la Colombie-Britannique de la Loi sur les pêches, il est interdit de conserver tout esturgeon vert capturé dans le cadre de la pêche sportive au Canada.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

14 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur l’esturgeon vert (Acipenser medirostris) au Canada - Mise à jour (2005)

    L'esturgeon vert (A. medirostris) se distingue facilement des autres familles de poissons par une combinaison de caractéristiques : quatre barbillons devant une bouche subterminale, cinq rangées de plaques osseuses, queue hétérocerque, museau effilé, unique nageoire dorsale charnue située près du pédoncule caudal et endosquelette en grande partie cartilagineux. L'esturgeon vert est généralement de couleur vert olive foncé, avec un ventre blanc. On le confond souvent avec l'esturgeon blanc (A. transmontanus) en raison du chevauchement de leurs aires de répartition et de leur ressemblance. L'esturgeon vert fraie en eau douce, mais passe la plus grande partie de sa vie en milieu marin. Sa longueur et son poids maximaux sont respectivement de 2,3 m et 159 kg.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Esturgeon vert (2005)

    Espèce désignée « préoccupante » en avril 1987. Réexamen et confirmation du statut en novembre 2004. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.
  • Sommaire du statut de l’espèce du COSEPAC sur l’esturgeon vert (Acipenser medirostris) au Canada (2014)

    Cette espèce de poisson de grande taille se développe lentement et met du temps à atteindre la maturité. On ne connaît pas le nombre d’individus dans les eaux canadiennes, mais ce nombre est sans aucun doute peu élevé. L’espèce est en péril à l’échelle mondiale, et les menaces connues sont les prises accessoires tant au Canada qu’aux États-Unis, et la perte et la dégradation de l’habitat causées par l’extraction d’eau, le développement industriel et l’aménagement à des fins récréatives, ainsi que la construction de barrages aux États-Unis où se trouvent toutes les localités de frai connues.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réponse – Esturgeon vert (2015)

    Cette espèce de poisson de grande taille se développe lentement et met du temps à atteindre la maturité. On ne connaît pas le nombre d’individus dans les eaux canadiennes, mais ce nombre est sans aucun doute peu élevé. L’espèce est en péril à l’échelle mondiale, et les menaces connues sont les prises accessoires tant au Canada qu’aux États-Unis, et la perte et la dégradation de l’habitat causées par l’extraction d’eau, le développement industriel et l’aménagement à des fins récréatives, ainsi que la construction de barrages aux États-Unis où se trouvent toutes les localités de frai connues.
  • Énoncés de réaction - Esturgeon vert (2005)

    On ne connaît pas le nombre d'individus fréquentant les eaux canadiennes, mais il n'est certainement pas élevé. Cette espèce est en péril à l'échelle mondiale et soulève des préoccupations au Canada par suite de l'exploitation et de la perte d'habitat découlant de l'installation de barrages sur les rivières.

Plans d'actions

  • Plan d'action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (2016)

    Le Plan d’action visant des espèces multiples dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas satisfait à l’article 47 de la Loi sur les espèces en péril (LEP), qui exige l’élaboration d’un plan d’action pour les espèces présentes à l’intérieur des limites de ce site nécessitant un plan d’action. Ce plan d’action sera mis à jour afin d’inclure toutes les mesures de conservation et de rétablissement des espèces marines en péril après l’achèvement du premier plan directeur intégré pour la terre, la mer et les gens concernant la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation, et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas (ci­après appelé Gwaii Haanas). Les mesures décrites dans ce plan profiteront également à d’autres espèces avec des préoccupations de conservation, qui sont régulièrement présentes sur le site.

Plans de gestion

  • Plan de gestion de l'esturgeon vert (Acipenser medirostris) au Canada (2017)

    L'esturgeon vert (Acipenser medirostris) est un poisson anadrome qui a été  tout d'abord inscrit, en novembre 2004, sur la liste des espèces « préoccupantes » par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), qui a maintenu sa désignation lors de la réévaluation de novembre 2013. L'esturgeon vert est actuellement inscrit comme espèce préoccupante en vertu de la LEP depuis septembre 2006. L'esturgeon vert serait issu d'une ancienne branche évolutive d'un poisson osseux primitif qui vivait il y a 200 millions d'années. Il s'agit d'un grand poisson pouvant atteindre une taille maximale de 2,3 m et un poids de 159 kg (Scott et Crossman 1973). La surface ventrale est de couleur blanche, avec une bande vert olive foncé qui s'étend jusqu'au milieu du ventre et qui s'arrête le plus souvent avant les nageoires pectorales (Scott et Crossman 1973). L'esturgeon vert est présent dans les eaux peu profondes du plateau continental (c.-à-d. à moins de 110 m de profondeur) le long de la côte Ouest de l'Amérique du Nord, du Mexique au sud-est de l'Alaska. Son aire de répartition chevauche celle de l'esturgeon blanc (Acipenser transmontanus). Il est donc important de différencier ces deux espèces, car elles ont une apparence généralement semblable.

Décrets

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2005 (2005)

    Le rapport annuel de 2005 présenté au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
  • Rapport annuel du COSEPAC - 2013-2014 (2014)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), la mission première du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) est « d’évaluer la situation de toute espèce sauvage qu'il estime en péril ainsi que, dans le cadre de l'évaluation, de signaler les menaces réelles ou potentielles à son égard ». Au cours de la dernière année (octobre 2013 à septembre 2014), le COSEPAC a tenu deux réunions d’évaluation des espèces sauvages, la première du 24 au 29 novembre 2013, et la deuxième, du 27 avril au 2 mai 2014. Durant la période de déclaration en cours, le COSEPAC a évalué la situation ou revu la classification de 56 espèces sauvages. Disparues : 0 Disparues du pays : 0 En voie de disparition : 23 Menacées : 12 Préoccupantes : 20 Données insuffisantes : 0 Non en péril : 1 Total : 56 Sur les 56 espèces sauvages examinées, le COSEPAC a révisé la classification de 40 espèces dont la situation avait déjà été évaluée. La révision de la classification de 25 de ces espèces a confirmé que leur statut n’avait pas changé par rapport à celui qui leur avait été attribué lors de l’évaluation précédente.

Documents de consultation

  • Consultation sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril : Novembre 2005 (2005)

    Le gouvernement du Canada a promulgué la Loi sur les espèces en péril (LEP), le 5 juin 2003 dans le cadre de sa stratégie sur les espèces en péril. L'annexe 1 de cette loi, appelée ici « liste de la LEP », énumère les espèces qui sont protégées en vertu de la loi. Les Canadiens sont invités à exprimer leur opinion concernant l'inscription à la liste de la LEP de toutes les espèces incluses dans ce document ou de certaines d'entre elles.
  • Loi sur les espèces en péril- Cahier de consultations de l'inscription légale : la Baleine noire du Pacifique Nord, le Rorqual commun, l'Esturgeon vert, et le Cisco de l'Alaska (2005)

    Nous désirons recueillir votre opinion pour aider le gouvernement fédéral à décider de manière fondée si la Baleine noire du Pacifique Nord, le Rorqual commun, l'Esturgeon vert, et le Cisco de l'Alaska devraient être ajoutés à l'Annexe 1 (la liste des espèces en péril) de la Loi sur les espèces en péril. Vos commentaires concernant les conséquences de l'ajout de ces espèces à la liste sont importants. Ce cahier de consultation a été préparé pour que vous puissiez communiquer à Pêches et Océans Canada vos commentaires et vos conseils concernant l'ajout de ces espèces à l'Annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (L'Annexe 1 identifie les espèces qui sont protégées par cette Loi).

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan de publication de documents relatifs au rétablissement - Pêches et Océans Canada - Exercice financier 2016-2017 (2016)

    En vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP), les ministres compétents doivent préparer un programme de rétablissement dans un délai d'un an dans le cas de l'inscription d'une espèce à l'annexe 1 de la LEP à titre d'espèce en voie de disparition et dans un délai de deux ans dans le cas de l'inscription d'une espèce à titre d'espèce disparue du pays ou menacée. Un plan de gestion doit être préparé dans un délai de trois ans pour une espèce inscrite à titre d'espèce préoccupante. Pêches et Océans Canada (MPO) est responsable de 111 des 518 espèces inscrites sur la liste de la Loi sur les espèces en péril. En février 2016, les programmes de rétablissement, les plans de gestion et les plans d'action de 57 de ces espèces n'avaient pas encore été publiés dans le Registre public des espèces en péril. En outre, les plan de gestion ou d'action de 23 autres espèces aquatiques arriveront prochainement à échéance. La tableau ci-dessous donne un aperçu du plan ministériel de publication dans le Registre public des espèces en péril des documents proposés pour 64 espèces. Le plan du Ministère est de publier des programmes de rétablissement pour 9 espèces, des plans de gestion pour 13 espèces et des plans d'action pour 42 espèces au cours de l'année à venir.