Profil d'espèce

Couleuvre obscure Population carolinienne

Nom scientifique : Pantherophis spiloides
Autres noms/noms précédents : Couleuvre obscure de l'Est (Population carolinienne)
Taxonomie : Reptiles
Distribution : Ontario
Dernière évaluation du COSEPAC : avril 2007
Dernière désignation du COSEPAC : En voie de disparition
Statut de la LEP : Annexe 1, En voie de disparition


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Image de Couleuvre obscure

Description

La couleuvre obscure est la plus grande couleuvre du Canada; les mâles de cette espèce peuvent atteindre une longueur maximale d’environ 190 cm, du museau à la base de la queue. Les motifs de coloration des adultes sont très variables d’une région à l’autre. Les adultes sont généralement d’un noir luisant avec une coloration blanche, jaune, orange ou rouge sur la peau entre les écailles. Le ventre est généralement blanc ou jaunâtre, avec des motifs gris ou bruns prenant souvent l’apparence d’un damier. La couleuvre obscure se distingue généralement des autres couleuvres par sa gorge, qui a une couleur uniformément blanche ou crème. Contrairement aux adultes, les jeunes portent sur le dos des motifs composés de taches gris foncé ou brunes sur fond gris pâle.

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Répartition et population

La couleuvre obscure se rencontre communément dans les forêts de l’est et du centre des États-Unis. On la retrouve de façon plus ou moins continue à travers une bonne partie de la moitié est des États-Unis, le long du versant ouest des Appalaches, du sud-ouest de la Nouvelle-Angleterre au golfe du Mexique, jusqu’au fleuve Mississippi, vers l’ouest, du nord de la Louisiane jusqu’au sud-ouest du Wisconsin, vers le nord. Au Canada, on ne la retrouve que dans deux régions isolées de l’Ontario : celle de la forêt carolinienne, le long de la rive nord du lac Érié, dans le sud-ouest de la province, et celle des Grands Lacs et du Saint-Laurent, dans le sud-est. Les individus de chaque région constituent deux populations distinctes, séparées par 300 km. La population carolinienne est formée de quatre très petites populations isolées dans les comtés de Middlesex, Elgin, Haldimand-Norfolk et Niagara. On ne dispose d’aucune estimation de la taille des populations caroliniennes. Cependant, le manque d’habitats convenables disponibles conjugué au faible nombre d’observations porte à croire que ces populations sont de petite taille et en déclin. Celle du ruisseau Big, au nord de la pointe Long, paraît être la plus importante et la plus susceptible de survivre à long terme.

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Habitat

Habituellement associée aux forêts de feuillus, la couleuvre obscure semble occuper une grande variété d’habitats, avec une préférence pour un habitat composé d’une mosaïque de forêts et de milieux dégagés, comme des champs ou des affleurements rocheux. Des études détaillées de l’utilisation de l’habitat par la population du sud-est de l’Ontario ont révélé que les individus requièrent différents types d’habitats, au fil des saisons. En hiver, ils hibernent sous terre dans des gîtes d’hibernation communautaires qui offrent une protection contre le gel et la déshydratation. Les couleuvres obscures manifestent une forte fidélité envers ces gîtes. En été, durant la saison active, les couleuvres cherchent refuge dans des chicots de bois, des troncs creux, des crevasses dans le roc et sous des pierres pour muer et pour échapper aux températures élevées et aux prédateurs. Elles doivent aussi trouver des sites appropriés pour se chauffer au soleil. Les femelles nichent dans la matière en décomposition à l’intérieur de chicots, de souches, de billots de bois et de tas de compost où les conditions sont humides et la température avoisine les 30 ºC. Ces nids, souvent communautaires, sont réutilisés d’une année à l’autre par plusieurs femelles. L’habitat de la population carolinienne est dominé par des terres agricoles parsemées de petites parcelles de forêt de feuillus ouverte et sillonné par un dense réseau routier. Avec une disparition de plus de 80 % du couvert forestier d’origine, on ignore si les vestiges d’habitat actuels sont suffisants pour soutenir des populations viables de couleuvres obscures.

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Biologie

Les couleuvres obscures atteignent la maturité sexuelle vers l’âge de sept à neuf ans, après quoi les femelles produisent une couvée de dix à quinze œufs tous les deux ou trois ans. En Ontario, les femelles nichent entre le début de juillet et le début d’août, environ un mois après la saison des amours, qui se déroule de la fin de mai à la mi-juin. Si des mâles se rencontrent durant la parade nuptiale, ils s’engagent dans un rituel physique et lutteront pour se reproduire avec la femelle. Les œufs éclosent entre la fin d’août et le début d’octobre, après une période d’incubation de 60 jours environ. Les rigueurs du climat canadien limitent la saison active des couleuvres obscures à environ six mois, soit de la mi-avril à la mi-octobre. Durant cette saison, elles se dispersent jusqu’à une distance de 4 km de leur gîte d’hibernation. Les adultes demeurent fortement attachés à leur territoire, fréquentant souvent les mêmes sites d’une année à l’autre. La couleuvre obscure est à la fois le prédateur et la proie d’un grand nombre d’espèces. Elle se nourrit principalement de petits mammifères et d’oiseaux. Comme elle vit en partie dans les arbres, elle est un bon prédateur de nids d’oiseaux. Parmi ses prédateurs connus, on compte quelques grands oiseaux de proie, notamment la Buse à épaulettes, le Balbuzard pêcheur et la Buse à queue rousse, et des mammifères de taille moyenne, comme le pékan, le vison et le raton laveur. La couleuvre obscure peut vivre jusqu’à l’âge de 25 ou 30 ans.

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Menaces

La principale menace qui pèse sur la population carolinienne est l’élimination et la dégradation de son habitat. En effet, l’habitat convenable à l’espèce dans la région est très limité et extrêmement fragmenté; on ignore s’il reste suffisamment d’habitat pour soutenir des populations viables de couleuvres obscures. Certaines caractéristiques de l’espèce, comme le fait de se reproduire aux deux ou trois ans et de le faire à un âge tardif, rendent cette population particulièrement vulnérable aux perturbations de son environnement. Avec son faible taux de reproduction, une hausse de la mortalité des adultes, causée notamment par la machinerie agricole, peut donc avoir des répercussions importantes sur cette population. L’abattage délibéré de couleuvres compte parmi les autres facteurs qui menacent cette couleuvre de grande taille. Enfin, la mortalité sur les routes est une autre grave menace pour toutes les populations de couleuvres obscures qui s’y déplacent lentement et peuvent s’y prélasser au soleil.

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Protection

Protection fédérale

L'espèces Couleuvre obscure, Population carolinienne, est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en péril (LEP) du gouvernement fédéral. De plus amples renseignements sur la LEP, y compris sur la façon dont elle protège les espèces individuelles, sont disponibles dans le document Loi sur les espèces en péril : un guide.

En Ontario, l’espèce est protégée en vertu de la Loi de 1997 sur la protection du poisson et de la faune.

Protection provinciale et territoriale

Pour savoir si cette espèce est protégée par des lois provinciales ou territoriales, consultez les sites web des provinces et territoires.

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Initiatives de rétablissement

État d'avancement de la planification du rétablissement

Programmes de rétablissement :

Nom : Programme de rétablissement de la couleuvre obscure (Pantherophis spiloides), population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, au Canada
État d'avancement : Versions proposées affichées dans le Registre des espèces en péril

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Documents

REMARQUE : Ce ne sont pas tous les rapports du COSEPAC qui sont actuellement disponibles dans le Registre public des espèces en péril. La plupart des rapports qui ne sont pas encore disponibles sont des rapports de situation pour des espèces évaluées par le COSEPAC avant mai 2002. Parmi les autres rapports du COSEPAC qui ne peuvent être consultés pour le moment, il y a ceux sur les espèces qui sont évaluées comme espèces disparues, espèces non en péril ou pour lesquelles des données sont insuffisantes. Dans l’intervalle, ils sont disponibles sur demande auprès du Secrétariat du COSEPAC.

10 enregistrement(s) trouvé(s).

Rapports de situation du COSEPAC

  • Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la couleuvre obscure de l’Est (Elaphe spiloides) au Canada - Mise à jour (2007)

    La couleuvre obscure (Elaphe spiloides) est le plus grand serpent du Canada. Sa longueur maximale du museau au cloaque est d’environ 190 cm. Les motifs de coloration des couleuvres obscures de l’Est adultes sont très variables d’une région à l’autre de l’aire de répartition de l’espèce. Les adultes appartenant aux populations du Canada sont généralement d’un noir uniforme et luisant avec une coloration blanche, jaune, orange ou rouge sur la peau entre les écailles. La surface ventrale est généralement blanche ou jaunâtre, avec des motifs gris ou bruns prenant souvent l’apparence d’un damier. La couleuvre obscure se distingue généralement des autres couleuvres par sa gorge, qui a une couleur uniformément blanche ou crème. Contrairement aux adultes, les juvéniles portent des motifs dorsaux, composés de taches gris foncé ou brunes sur fond gris pâle.

Sommaire de l'évaluation du COSEPAC

  • Sommaire de l'évaluation du COSEPAC - Couleuvre obscure de l’Est (2007)

    L'espèce a été considérée comme une unité et a été désignée « menacée » en avril 1998 et en mai 2000. Division en deux populations en avril 2007. La population des Grands Lacs et du Saint-Laurent a été désignée « menacée » en avril 2007. Dernière évaluation fondée sur une mise à jour d'un rapport de situation.

Énoncés de réaction

  • Énoncé de réaction - Couleuvre obscure, Population carolinienne (2007)

    La population est constituée de seulement quatre sous-populations hautement isolées dans le sud-ouest de l’Ontario, toutes de petite taille et entourées de terres agricoles ou aménagées. Le faible taux de reproduction et l’atteinte tardive de la maturité rendent l’espèce particulièrement vulnérable à une hausse de la mortalité des adultes attribuable à la circulation routière et à la machinerie agricole.

Programmes de rétablissement

  • Programme de rétablissement de la couleuvre obscure (Pantherophis spiloides), population carolinienne et population des Grands Lacs et du Saint-Laurent, au Canada (2017)

    La ministre de l’Environnement et du Changement climatique et ministre responsable de l’Agence Parcs Canada est le ministre compétent en vertu de la LEP à l’égard de la couleuvre obscure (population carolinienne) et de la couleuvre obscure (population des Grands Lacs et du Saint Laurent) (ci après appelées populations carolinienne et des Grands Lacs et du Saint Laurent) et a élaboré la composante fédérale (partie 1) du présent programme de rétablissement, conformément à l’article 37 de la LEP. L’article 44 de la LEP autorise le ministre à adopter en tout ou en partie un plan existant pour l’espèce si ce plan respecte les exigences de contenu imposées par la LEP au paragraphe 41(1) ou 41(2). Un seul document a été préparé pour les deux populations de l’espèce (populations carolinienne et des Grands Lacs et du Saint Laurent) en vertu de la LEP. Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (maintenant nommé ministère des Richesses naturelles et des Forêts de l’Ontario) a dirigé l’élaboration du programme de rétablissement de la couleuvre obscure (populations de la zone carolinienne et de l’axe de Frontenac) (partie 2), en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada et l’Agence Parcs Canada. Dans la présente addition fédérale, le terme « population de l’axe de Frontenac » est remplacé par le terme « population des Grands Lacs et du Saint Laurent », nom figurant à l’annexe 1 de la LEP; ces termes peuvent être utilisés de façon interchangeable. La Province de l’Ontario a également dirigé l’élaboration de la Déclaration du gouvernement jointe au présent document (partie 3). Cette déclaration est la réponse stratégique du gouvernement de l’Ontario au programme de rétablissement provincial; elle résume les mesures prioritaires que le gouvernement de l’Ontario entend prendre et soutenir.

Décrets

  • Décret accusant réception des évaluations faites conformément au paragraphe 23(1) de la Loi (2008)

    Par ce décret, la gouverneure en conseil accuse réception des évaluations de la situation de 30 espèces effectuées par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en vertu de l’alinéa 15(1)a) et conformément au paragraphe 23(1) de la Loi sur les espèces en péril.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2009)

    Sur recommandation de la ministre de l'Environnement et en vertu de l'article 27 de la Loi sur les espèces en péril, Son Excellence la Gouverneure générale en conseil prend le Décret modifiant les annexes 1 à 3 de la Loi sur les espèces en péril, ci-après.
  • Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril (2012)

    L’objet du Décret modifiant l’annexe 1 de la Loi sur les espèces en péril est d’ajouter 18 espèces à l’annexe 1, la Liste des espèces en péril (la Liste), et de changer la classification de 7 espèces inscrites, aux termes du paragraphe 27(1) de la LEP. Cette modification est proposée à la suite de la recommandation du ministre de l’Environnement à la lumière d’évaluations scientifiques qu’a faites le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), et à la suite de consultations tenues auprès des gouvernements, des peuples autochtones, des intervenants et du public canadien.

Rapports annuels du COSEPAC

  • Rapport annuel du COSEPAC - 2007 (2007)

    Le rapport annuel de 2007 présenté au Ministre de l'Environnement et au Conseil canadien pour la conservation des espèces en péril (CCCEP) par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Documents de consultation

  • Consultations sur la modification de la liste des espèces de la Loi sur les espèces en péril - Espèces terrestres (2008)

    Dans le cadre de sa stratégie visant à protéger les espèces en péril, le gouvernement du Canada a adopté, le 5 juin 2003, la Loi sur les espèces en péril (LEP). L’annexe 1 de cette loi présente la liste des espèces qui sont protégées en vertu de la loi, aussi appelée « liste des espèces sauvages en péril ». Veuillez envoyer vos commentaires au plus tard : le 25 mars 2008 pour les espèces faisant l'objet de consultations normales; le 27 mars 2009 pour les espèces faisant l'objet de consultations prolongées.

Plans d'affichage des documents de rétablissement

  • Plan d’affichage des documents de rétablissement sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada (2016)

    Le plan d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion sur trois ans d’Environnement et Changement climatique Canada identifie les espèces pour lesquelles des documents de rétablissement seront publiés à chaque exercice à partir de 2014-2015. La publication de ce plan sur trois ans dans le registre public des espèces en péril a pour but d’assurer la transparence à l’égard des partenaires, des intervenants et du public à propos des intentions d’Environnement et Changement climatique Canada en matière d’élaboration et d’affichage des propositions de programmes de rétablissement et de plans de gestion. Cependant, le nombre de documents et les espèces qui sont publiés pour une année donnée peuvent varier légèrement selon les circonstances. Dernière mise à jour, le 31 mars 2017